Après Open Space, le dessinateur James continue de scruter l'aliénation des humains à travers des petits animaux pathétiques et drôlatiques.
L'anthropomorphisme a permis à l'excellent et prolifique James de caricaturer la vie de bureau avec un sens de l'humour bien plus qu'acide. Sa série Open Space est un vrai délice satirique.
L'artiste semble très inspiré en ce moment. Il multiplie les projets (Backstage, Amour passion et cx diesel chez Fluide Glacial) et conserve malgré tout son inspiration. Mais il faut l'avouer: le ton de L'épi est beaucoup plus aigre que d'habitude.
Un petit employé, un mignon nounours, vit au rythme de son entreprise. Toute son existence est bercé par l'ennui d'une vie au travail. Sans rien dire, il subit sa morne existence.
Heureusement un épi sur sa tête va souffler sur lui un vent de révolte. Ses quelques cheveux rebelles vont lui montrer le chemin de la contestation mais surtout de la liberté.
Sans parole et dans un noir et blanc austère, le nouveau héros de James aidé par le scénario de La Tête X, va donc assumer sa différence, son identité et son besoin de vivre.
Court, ce roman graphique va à l'essentiel: dénoncer la névrose du travailleur. Le boulot devient une psychose, une dépression qui se répète tous les jours et enferme l'individu. Le discours n'est pas nouveau. Il est discutable mais James et son scénariste nous plongent dans un univers bizarre, rappelant le film Brazil et la série Le Bureau.
Célébrant la liberté, cette petite bédé est une fable élégante, amusante et intelligente. Sa concision est une surprise et un plaisir.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 17/05/2011