Un album aussi intense et puissant que le crochet d'Anton Witkowsky, le jeune prodige de la boxe mondiale imaginé par Baru. Grandeur et décadence d'un petit gars qui a la rage de s'en sortir. Hommage au gagnant d'Angoulême!
Sa gueule s'étale en gros plan sur la couverture et ça n'est pas par hasard. D'ailleurs rien ne lui arrive par hasard à Anton Witkowsky. C'est qu'il a la rage le jeune Anton. La rage de s'en sortir et de gagner du pognon, plein de pognon.
Il ne pense même qu'à ça dans son HLM de banlieue, dans sa cité des Oiseaux. Et pour gagner du pognon, il sait très bien comment faire parce qu'il se trouve qu'Anton a de l'or au bout des bras, de l'or bien au chaud dans sa paire de gants de boxe.
Il a tout juste 17 ans, mais c'est déjà un boxeur extraordinaire, une pépite à l'état brut. Le seul problème, c'est que son père ne veut pas entendre parler de boxe, ni d'argent gagné sur les rings : de l'argent sale pour ce fils de Polonais émigré en France après guerre.
Alors Anton claque la porte et commence sa progression jusqu'au titre mondial. Ce premier tome de prend aux tripes. Baru y met toute la force de son trait et tout son sens de la narration.
Dès la première planche, le lecteur est dans la peau d'Anton Witkowsky, dans le box des accusés de ce tribunal. Comment Anton en est-il arrivé là ? C'est ce que Baru entreprend de nous raconter dans un long flash-back qui décrit par le menu l'irrésistible ascension de ce boxeur d'exception. Avec vigueur et âpreté, il passe de la vie minable dans la cité aux fastes outrageux des hôtels de luxe, des vestiaires puants des salles de banlieue au Casear's Palace de Las Vegas, des quelques euros glanés dans un combat d'arrière salle de café à la une de l'Equipe…
Baru a la puissance et le punch de son héros. Et comme Anton met ses adversaire KO, il nous laisse pantelant au bout de 72 pages d'une incroyable densité, dans l'attente du tome 2 qui nous dira de quoi le grand Witkowsky est accusé. Vite vite la suite...
Joël Fompérie
© Etat-critique.com - 04/02/2010