Avec Clive Owen, Naomi Watts, Armin Mueller Stahl - Sony - 11 mars 2008 - 1h58
Et ta critique ?
Les banquiers sont les nouveaux méchants du cinéma. Cela donne des (bonnes) idées au réalisateur de Cours Lola Cours!
Plus cruel qu'un taliban. Plus fou qu'un communiste. Le banquier, par les temps qui courent, risque de devenir le méchant absolu dans l'inconscient collectif. Cynique et sans scrupule, en période de crise financière, il apparaît comme le badguy le plus crédible du moment.
C'est le principe en tout cas de L'enquête, thriller d'espionnage, qui voudrait nous expliquer les coulisses des financements frauduleux. Un agent d'Interpol s'intéresse en tout cas aux agissements d'une banque internationale, IBBC, soupçonnée de quelques versements illicites.
Parce qu'elle finance des guerres et des coups d'état, beaucoup de personnes meurent au contact de cette banque. Cela finit par intéresser aussi une avocate new-yorkaise. Le duo décide de rendre la justice mais les alliances tentaculaires de l'IBBC vont dangereusement se resserrer sur eux...
Cours, Clive Owen Cours! Voilà le titre que l'on aurait pu donner à L'enquête, nouveau film du virtuose allemand Tom Tykwer. Le film commence comme un hommage aux fameux polars politiques des années 70 (Les 30 jours du condor, les Hommes du président) puis bifurque vers l'esprit lyrique de John Woo période Syndicat du crime avant de retrouver le rythme des films sur Jason Bourne (La mémoire dans la peau et ses suites).
L'évidence est là: L'enquête est un film haletant. On aurait tort d'imaginer un énième film d'espionnage contemporain. Au delà de l'intrigue, le réalisateur semble vraiment se plaire à nous plonger dans une course poursuite à travers le globe.
Ce n'est pas la nébuleuse banquière qui donne le tournis mais plutôt l'entêtement bourru du héros, incarné par le meilleur acteur du moment, Clive Owen. Même la pauvre Naomi Watts peine à suivre ce drôle d'agent, peu glamour et pas forcément doué pour le combat.
Plus fort que le complot, il y a la volonté semble dire ce film, qui prend des accents chevaleresques lors d'une mémorable scène d'action au Guggenheim de New York. Twyker trouve le recul idéal avec son sujet pour proposer un spectacle complet qui fera appel à l'intelligence du spectateur, stimulé par une réalisation sobre, pensé et carré.
On a le droit de trouver l'histoire un peu simpliste mais le divertissement reste entier, refusant la dénonciation facile et le discours convenu. Il s'agit d'un bon thriller, fascinant et visiblement maîtrisé. Même les banquiers apprécieront. On en a pour son argent!