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Jeudi 09 Février 2012Livre

 L’élégance du hérisson

L’élégance du hérisson

Muriel BARBERY

Gallimard - 359 pages

Et ta critique ?




Deux solitudes au bord du gouffre se rencontrent et se sauvent. Une trame simple joliment ficelé mais qui, de temps en temps agace. L’élégance, c’est peut être cela qui manque à ce second roman de Muriel Barbery.


Madame Renée est une concierge de 54 ans. Elle a une piètre estime d’elle-même. Sa passion pour la philosophie, elle la cache aux habitants de l’immeuble, bourgeois jusqu’au bout des ongles et des conventions.

Seule au monde, elle ne remarque pas Paloma, fille de l’immeuble et suicidaire. A douze ans, ce n’est pas commun et la jeune fille fait preuve d’une grande clairvoyance sur sa vie et son entourage. Renée et Paloma n’ont pas le même âge mais souffrent de la même manière. L’arrivée d’un descendant du cinéaste japonais Ozu va tout changer…

Second livre de Muriel Barbery, L’élégance du hérisson serait le bon scénario d’un film choral rappelant la solitude de nos contemporains, perdus dans le matérialisme et un quotidien d’une triste morosité.

Les personnages sont délicieux. Madame Renée disserte sans snobisme sur des principes philosophiques d’un autre temps. La petite Paloma croque à pleines dents une vie de famille avilissante. Le Japonais, nouveau locataire de l’immeuble, apporte une légèreté assez fascinante. Il y a aussi les proprios jamais à court de bassesse ou la seule amie de la concierge, une énergique ménagère.

Dans cet immeuble, il est difficile de s’ennuyer. Pourtant la trame est trop classique. Comme le film choral, grand objet artistique à la mode, les conventions prennent rapidement le pas et le côté moraliste frise l’aspect moralisateur.

L’écriture caresse les envies du lecteur, avec des petites morales sur tout et sur rien, mais la romancière ne s’échappe jamais d’une structure vue et lue mille fois. Muriel Barbery enfonce des portes ouvertes, avec un certain talent mais néglige une forme que l’on aurait espérer beaucoup plus piquante…


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 02/10/2007