Avec Eduardo Noriega, Marisa Paredes, Federico Luppi et Fernando Tielve - Studio canal - 8 mai 2002 - 1h45
Et ta critique ?
Guillermo del Toro impose son fantastique mélancolique avec ce film flamboyant et émouvant.
On ne dira jamais assez le plaisir immense que procure la "découverte" d’un excellent film. Loin du tapage médiatique, L’échine du diable s’est glissée sur nos écrans sans crier gare, et pourtant…
Et pourtant, un coup d’œil au générique aurait dû nous alerter : Marisa Paredes en actrice principale et El Deseo en maison de production… Autant dire qu’Almodovar n’est pas très loin. L’actrice fétiche de Pedro jouant dans un film financé par son frère : il allait forcément se passer quelque chose de pas ordinaire à l’écran.
Effectivement, L’échine du diable s’avère être, dès les premières minutes, une mécanique implacable apte à secouer le spectateur le plus endurci.
Sur fond de guerre civile espagnole, le film nous immerge dans un orphelinat perdu en pleine campagne. Dirigé avec amour mais peu de moyen par une directrice et un médecin humanistes, l’orphelinat est surtout l’objet d’une rumeur persistante chuchotée par les enfants : un fantôme rôde dans les murs et ce pourrait être celui du petit Santi disparu la nuit où cette énorme bombe est venue s’écraser au milieu de la cour sans exploser.
Pendant une heure trois-quart, Guillermo Del Toro s’ingénie à broder un véritable enchantement de cinéma total, aux frontières du fantastique, qui ne nous raconte pas une, mais trois ou quatre histoires passionnantes et étroitement imbriquées. Des histoires riches en rebondissements, en secrets dévoilés progressivement, en personnalités qui se découvrent et personnages qui se déchirent.
Entre amour, terreur, surnaturel et trivialité ; entre instinct de survie, désir de vengeance et cupidité, L’échine du diable ne laisse aucun répit au spectateur captivé, littéralement.
Depuis ce premier chef d’œuvre, Del Toro est devenu un auteur majeur, obsédé par le merveilleux. A Hollywood (les Hellboy) ou en Espagne (Le labyrinthe de Pan), son univers est devenu une des plus belles attractions au cinéma. L’échine du diable restera le préféré car il confirmait le génie de Guillermo Del Toro.