Avec Judith Godreche, Pascale Arbillot, Julie Depardieu et François Cluzet - Pyramide - 23 novembre 2011 - 1h25
Et ta critique ?
"Les femmes c'est comme les lapins: ca s'attrape par les oreilles" - Sacha Guitry
C'est le problème du réalisateur Emmanuel Mouret: son cinéma rappelle celui des autres. Laissons faire Lucie, il y a dix ans, convoquait Eric Rhomer et Jacques Rivette. Depuis, il a mis au point un cinéma verbeux et théâtral. Effectivement, on devine les influences de Guitry ou Woody Allen.
Difficile de se faire un nom avec des références aussi fortes. Pourtant le cinéma désuet d'Emmanuel Mouret est devenu identifiable. Littéraire et très sentimental. L'art d'aimer revient aux premiers efforts du cinéaste: le court métrage.
En réalité L'art d'aimer cache un film à sketchs. Le film souffre alors du problème de ce genre de film: l'inégalité. Il y a des histoires très amusantes et d'autres soporifiques. Le moins bon: Une jeune femme avoue à son ami une envie de coucher avec un autre homme. Ils se mettent alors à souffrir de leur franchise.
Dans ce cas là, ces grands nigauds sont insupportables, trainant dans leurs atermoiements et dissertant sur le désir entre deux portes. Le cliché du cinéma français jusqu'à la caricature. C'est heureusement un mauvais moment à passer. Il y a d'autres idées plus marrantes.
François Cluzet flashe sur sa voisine, légèrement compliquée. Ariane Ascaride rêve de tromper de son mari. Judith Godreche demande à Julie Depardieu de la remplacer au lit pour calmer les ardeurs de l'excellent Laurent Stocker. Julie Depardieu rêve de coucher avec Michael Cohen, le mari de Pascale Arbillot...
Des hommes, des femmes et beaucoup d'ardeur. Comme toujours Mouret s'interroge sur la folie que peut être le désir d'aimer. L'amour rend donc bavard et provoque des quiproquos sortis du théâtre. Il recycle avec élégance (jolie utilisation de la musique classique) et possède un certain sens du dialogue, vieillot et rigolo.
Tout cela peut paraître pédant. Mouret est un bel esprit: ce sont ceux qui en parlent le plus qui en font le moins. Ses personnages manquent bizarrement d'érotisme alors qu'ils sont tous prêts à craquer pour une nuit d'amour.
Pourtant son film ne manque pas de charme. C'est imparfait mais cette forme parisienne (et assumée) de cinéma n'est pas désagréable. Les mots cueillent le spectateur, un peu comme les femmes selon Sacha Guitry. Tant de jolis mots et de tournures de phrases, à l'époque du texto, ne font pas de mal!