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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 L'ange du mal

L'ange du mal

Michele PLACIDO

Avec Kim Rossi Stuart, Filippo Timi, Moritz Bleibtreun et Paz Vega - Wild Bunch - 7 septembre 2011 - 2h00

Et ta critique ?




Mesrine version italienne, le gangster Renato Vallanzasca ne pouvait qu'intéresser le réalisateur de Romanzo Criminale.


Dans la catégorie, film de gangsters, Romanzo Criminale imposait un sens de la narration séduisant doublé d'une réflexion cruelle sur la société italienne, gangrénée par la corruption. L'ancien comédien, Michele Placido, montrait qu'il avait un vrai sens de la mise en scène et c'était une vraie curiosité de le voir revenir sur le sujet qu'il l'a révélé: la pègre.

Cette fois ci, il se focalise sur une figure majeure du grand banditisme, Renato Vallanzasca. Petite frappe, il a su prendre le pouvoir à Milan puis a trempé dans divers trafics dont l'enlèvement de riches personnalités locales. Capable des pires horreurs, le truand a réussi à se faire apprécier des médias et du public. En liberté ou en prison, sa personnalité ne laisse personne indifférent...

Joué par l'excellent Kim Rossi Stuart, le fameux Ange du mal est un monstre aux yeux clairs. Un type paumé qui s'est offert un costume trop grand. Un criminel beaucoup plus ambigu que l'image renvoyée par la société. Le comédien dépasse le statut de criminel révolté contre le système pour un personnage plus étrange, plus éthéré dans un film hélas trop classique.

Car Michele Placido n'épargne aucun passage obligé du genre. Grandeur et décadence. Belles pépées puis prisonniers patibulaires. Amitiés solides puis trahisons douloureuses. Le film refait Romanzo Criminale en moins bien.

Là où le film précédent développait de beaux personnages, il se contente ici de donner la vedette à Vallanzasca, balayant tous les autres personnages à de jolies silhouettes. Les femmes sont les victimes de ces coupes drastiques.

Les seconds couteaux sont transparents. La reconstitution des années 70 est solide mais tourne à la démonstration.

Tout se concentre sur le personnage central, omniprésent au point de gêner l'histoire. Certains passages sont inutiles et ne servent à qu'à appuyer le charisme du personnage. Condamné à 290 ans de prison, le bandit nous ennuie poliment sur de longues scènes de prison où l'on ressent nous aussi l'ennui et l'isolement!

C'est donc un film plutot paresseux que l'on découvre où seul l'impressionnant talent du comédien principal permet au film d'éviter le naufrage et les facilités. Plus difficile que d'échapper à la police italienne: échapper aux stéréotypes.



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 14/09/2011