L’amour et la cupidité. Deux thèmes qui semblent être les fondements de la comédie romantique dont il est question aujourd’hui. Mais l’amour ressort toujours vainqueur au pays du happy end. Chronique d’un échec.
Lui, c’est une version aquatique d’Indiana Jones croisée avec un surfeur australien. Elle, c’est une belle blonde qui fait des petits boulots en rêvant de retourner sur les bancs de l’université pour prouver qu’elle n’est pas juste une belle blonde.
Tous deux furent mariés un temps, mais étant donné que le mari préfère passer son temps à aspirer les fonds marins et se faire tabasser par les truands locaux, la vie commune en a souffert.
Peut-être que la perspective de retrouver d’un trésor espagnol enfoui sous les eaux turquoise des Caraïbes serait à même de rapprocher ces deux êtres que tout oppose. Quoi qu'il en soit, cela reste un excellent de voir de beaux jeunes gens en maillots moulants.
Mais il aurait fallu en mettre plus pour faire oublier la disparition tragique du scénariste qui a préféré profiter des décors naturels pour végéter sur une plage avec tequila sunrise à volonté.
Puisque notre gentil couple finira fatalement par trouver le trésor, mais aussi par se retrouver eux-mêmes dans les bras de Cupidon, pas la peine de parler de l’absence de scénario pour se concentrer sur une réalisation militante. Ce qui pourrait être une qualité si l’objet n’en était le service minimum.
Restent donc les acteurs qui se trouvent très beaux en sortant de l’eau, qui rigolent alors qu’ils viennent d’échapper à la mort (preuve d’un grand courage ou d’une belle idiotie, à vous de choisir) et qui occupent l’espace en faisant de grands gestes ou en se lançant dans des tirades qu’ils n’osent même pas terminer. Mais les seconds rôles ne sont pas en reste.
On passe d’un personnage caricatural à l’autre comme pour compenser le manque d’idées scénaristiques. On passera donc de Gros Lapin, un magnat du gangsta rap, à Gemma, une héritière bimbo, en passant par des vieux loups de mer bourrus, un acolyte ukrainien blagueur, un milliardaire flegmatique, des cuisiniers homosexuels, des hommes de main maladroits… Rien qui n’a déjà été traité maintes fois auparavant.
Il n’y aura pas grand-chose à sauver du naufrage de ce film d’aventures où le danger principal est le coup de soleil. Ce n’est certainement pas ce ratage ce qui va relancer la carrière de Kate Hudson ou celle de Matthew McConaughey. Mais que pouvait-on vraiment attendre d’un réalisateur qui capitalisait sur une longue expérience de bluettes comme Hitch, A tout jamais, Anna et le Roi, Coup de foudre et conséquences, Les deux font la paire… Les chiens ne font pas de chats, à ce qu’on dit.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 15/05/2008