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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 L'âge d'homme

L'âge d'homme

Raphael FEJTO

Avec Romain Duris, Aïssa Maïga, Clément Sibony et Rachid Djaïdani UGC – 12 septembre 2007 – 1h28

Et ta critique ?




Sur une partition classique mais non dénuée d’intérêt, Romain Duris annihile tout espoir de divertissement avec une composition outrancière dont le ridicule ne tue pas l’acteur mais le spectateur.


La maturité est une quête difficile. Mettre derrière soi la débauche, les histoires sans lendemains et l’irresponsabilité est un sacrifice nécessaire pour faire partie du monde des adultes. Samuel, réalisateur, s’apprête à fêter l’anniversaire de sa relation idyllique avec Tina, jolie photographe qui subvient silencieusement à ses besoins. L’heure de la remise en question est proche et il lui faudra choisir entre l’engagement ou la rupture.

Tout du moins c’est l’ultimatum lancé par son subconscient, las de le voir se noyer dans l’immobilisme le plus total. Entre ses amis dont les expériences conjugales relèvent du burlesque mou et les apparitions plus ou moins délirantes qui peuplent son imagination, Sam aura du mal à se faire une idée précise du chemin à prendre.

Si la décision ultime est sans surprise, il est dommage que le seul intérêt du film réside dans l’attente de celle-ci. En attendant le dénouement salvateur, il reste les pitreries de Romain Duris et de ses potes. Ces dernières passent d’autant plus difficilement qu’elles ressemblent à des improvisations pour une audition de théâtre amateur.

Gesticulant dans tous les sens et criant son désarroi à la face du mode dans des monologues shakespearien adaptés par la Sixième B du collège Maurice Ravel, l’acteur principal remplit les vides laissés par sa compagne qui a décidé de s’intégrer au décor face à tant de charisme.

Point d’orgue de cette débauche de minauderie, l’affligeante séquence de beatboxing entre Samuel et son double grimé en Léonard de Vinci devient le symbole du film : un exercice de style laborieux et sans imagination à la gloire d’un égocentrique pleurnichard.

Encore tout nouveau dans le métier, Raphaël Fejtö a apporté de beaucoup de soin à la bande originale censée être un personnage à part entière (l’ego du protagoniste). Il faut espérer qu’il vende beaucoup de disques avant de comprendre que les gens ne vont pas au cinéma pour voir un gros court-métrage avec la playlist d’une radio commerciale en fond sonore.

A réserver aux fans de Romain Duris. Et encore.

PS : toutes mes excuses à la classe de Sixième B du collège Maurice Ravel, qui pourront plaider, à l’inverse de certains, l’erreur de jeunesse.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 18/09/2007