Avec Mel Gibson, Danny Glover, Gary Busey et Mitch Ryan - Warner Bros - 1987
Et ta critique ?
Après Les Goonies, Richard Donner réalise un polar noir et rythmé. Il fait naître une mode qui ne va jamais se tarir.
Après l’exténuant tournage des Goonies, Richard Donner habitué aux gros budgets, accepte l’idée de Joel Silver, producteur connu pour ses films virils comme Commando ou 48 heures : recycler justement le film de Walter Hill en polar violent et désespéré.
Mel Gibson jouera le chien fou, Martin Riggs, et le placide Danny Glover, Roger Murtaugh, sera le flic sans histoire. Malgré leurs différences, leurs personnages vont mettre à jour un énorme trafic de drogues. Depuis ce premier film, on a oublié à quel point le projet était sombre et assez désenchanté. Seule, la figure paternelle de Murtaugh ne fout pas le cafard. Le reste du film suit le mélancolique et brutal travail de deuil de Riggs.
C’est un film sec et rugueux. La violence est exacerbée par le héros et les méchants grimaçants et sans pitié (génial Gary Busey). La réalisation passe partout de Richard Donner nous laisse entre deux eaux : la rivière douce Murtaugh et le torrent déchainé Riggs. Ces ruptures de rythmes et d’ambiances font l’originalité du résultat final.
Cela apporte des situations cocasses mais aussi des constats durs sur la justice, la ville et l’état de l’Amérique. Dans L’Arme fatale, il y a l’ancien soldat revenu du Vietnam et le bon père de famille. L’âme damnée et la bonne conscience. La ville n’est qu’un perpétuel chaos hard boiled. Il y a le feu à Los Angeles.
La folie anime Riggs (Mel Gibson qui en fait des tonnes et sera rapidement parodié) et vite fait, le film un peu réac dans sa nature, va imposer les règles du buddy movie où un couple mal assorti doit cohabiter pour une juste mission et dépasser ses préjugés.
L’Arme fatale, premier du nom, ne vieillit pas très bien mais reste un film marquant de cette mutation de l’entertainment américain, capable de dire des choses tout en divertissant.
Phrase culte : « Je suis trop vieux pour ces conneries »