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Mercredi 23 Mai 2012Art-scène

L' oratorio d'Aurélia

L' oratorio d'Aurélia

Victoria THIERRéE CHAPLIN

Théâtre Les Abbesses - 31, rue des Abbesses - 75018 Paris

Et ta critique ?




L'oratorio d'Aurelia est un spectacle inspiré des numéros de cirque qui fourmille d'objets magiques et de trouvailles étonnantes. Une plongée dans le rêve éveillé d'une femme à l'imaginaire d'enfant.


Après avoir été à l'origine du "Cirque Imaginaire" dans les années 70, Victoria Thierrée-Chaplin a créé pour sa fille l'oratorio d'Aurélia, un spectacle entre théâtre, danse et numéro de cirque dont elle signe la mise en scène, la chorégraphie et même les costumes.

Aurélia se cache, elle se dérobe à cet homme qui ne cessera de la chercher tout au long de la représentation. Elle ne sort qu'à contre-cœur, petit bout par petit bout, de la commode dans laquelle elle s'était réfugiée.

Tout le spectacle sera à l'image de ce meuble tout simple en apparence, mais qui est en réalité une véritable boîte de prestidigitateur.

La commode ne sera pas le seul élément surprenant : tous les objets prennent vie et les choses marchent littéralement sur la tête. L'ensemble du décor s'anime pour créer un spectacle d'illusion, de douce folie, d'une absurdité poétique et drôle. Ici tout est à l'envers : les robes sur des cintres mènent la danse, les marionnettes regardent le spectacle des humains, la souris dévore le chat...

L'ambiance est surréaliste et l'on se laisse bluffer par cette immersion dans un monde loufoque où des objets rétifs s'incarnent, résistent, se révoltent.

Le spectacle est plaisant, on sourit souvent, on s'émerveille, on applaudit volontiers, même si l'on ne peut s'empêcher de regretter le manque de sens. La représentation ressemble au final assez à un numéro de cabaret où les prouesses et les trouvailles se succèdent sans réelle cohésion narrative, et l'on regrette un peu que la pièce serve le décor, là où cela devrait être l'inverse.


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 23/02/2007