Excellente et élégante exposition sur un photographe voyageur. Ami de Robert Capa, cet artiste a pris quelques clichés mythiques. L’exposition permet aussi de redécouvrir un musée parisien.
Marc Riboud
L’entrée du musée est discrète. Dans une petite rue du neuvième arrondissement. Des arbres centenaires couvrent une allée pavée qui mène jusqu’à une magnifique maison sur plusieurs étages.
Avec du soleil et de la verdure, ce lieu ne pouvait qu’accueillir le musée de la vie romantique. Dans la demeure, on célèbre le style de vie de Georges Sand et ses amis. C’est vieillot et plaisant. Le petit jardin avec sa verrière réveillent de doux sentiments. Même un CRS se laisserait aller au marivaudage dans cet endroit perdu dans Paris, entre Pigalle et Blanche.
Mais revenons à notre exposition : une rétrospective de l’œuvre de Marc Riboud. Une image résume son importance : la jeune fille à la fleur. Cette jeune hippy face aux fusils de la garde nationale représente l’image de la non violence dans nos sociétés contemporaines.
Marc Riboud est d’abord un voyageur. Il traversait le Monde et a observé les sociétés bousculéés par l’histoire. Il est allé en Afrique, au Vietnam et en Chine. Comme un reporter, il scrute la rue avec son appareil photo.
Il rejoint en 1953 l’agence Magnum. Il fait rapidement la couverture de journaux à travers le Monde. Il est célèbre pour son cliché burlesque et impressionnant du peintre qui travaille sur la Tour Eiffel. L’homme témoigne de son époque.
Marc Riboud photographie aussi des paysages avec une incroyable sagesse et beaucoup d’humour. Il se passionne pour tout ce qui l’entoure. De Paris à Tokyo, il attrape des tranches de vie en un seul cliché. Il révèle un profond humanisme.
Même lorsqu’il prend en photo des personnages illustres, il semble chercher leur humanité. Marc Riboud était il y a peu aux Etats Unis pour découvrir l’espoir suscité par l’élection de Barack Obama.
L’exposition réunit des clichés vintage (premier tirage papier) de l’artiste. 110 photos originales qui donnent de l’humilité à l’œuvre de Riboud. Car ce qu’il a vu est d’une richesse historique incroyable.
Riboud ne fait jamais dans la démonstration. Il fut un témoin privilégié des cinquante dernières années. Son travail apparaît comme romanesque. Il a toutes les raisons d’être découvert dans ce petit musée enchanteur.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 22/07/2009