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Mercredi 23 Mai 2012Art-scène

L' Or

L' Or

Blaise CENDRARS et Jean-Paul TRIBOUT

du 12 janvier au 20 février 2011 de 12 à 22€ Espace Daniel Sorano - Vincennes

Et ta critique ?




 

L’or : l'incroyable histoire d’un homme qui n’a pas su se relever une deuxième fois.

 

Au début du XIXème siècle la Californie est un territoire en friche, occupé par quelques moines. Elle agit comme un aimant sur Johan August Suter, un suisse, banqueroutier, qui a quitté femme et enfants pour se lancer à la conquête de l’Ouest américain, avec le rêve d’y fonder la Nouvelle-Helvétie. Il y fait fortune mais, incapable de s’adapter, se retrouve paradoxalement ruiné lorsqu’on découvre de l’or sur l’une de ses propriétés.

 

Blaise Cendrars, s’est inspiré de ce destin hors du commun pour écrire un roman échevelé, aujourd’hui adapté au théâtre par Jean-Paul Tribout.

 

Le spectacle est sobre : pas de décor, un seul comédien et un musicien virtuose. Xavier Simonin (le comédien) s’attèle avec un certain talent à un monologue exigeant et long, il conte avec enthousiasme l’incroyable histoire de Johan August Suter. Le tout est mis en musique par Jean-Jacques Milteau (le musicien virtuose) et sa collection d’harmonicas, dont le son chaud et polyphonique a l’incomparable don de nous transporter instantanément dans l’Amérique profonde du XIXème siècle.

 

Il est un peu dommage de remettre en cause cette sobriété en affublant le comédien d’un micro cravate. Au risque de paraître vieux-jeu, j’avoue être gêné par l’amplification des voix au théâtre (surtout quand les dimensions de la salle ne le justifient pas!). Le théâtre, c’est la voix qui porte, et tant pis si, avec la déclamation, on perd en spontanéité.

 

Le comédien, comme emporté par le rythme époumonant du récit de Cendrars, se plante parfois devant un micro à pied pour scander la fascinante histoire de Johan August Suter, au son de l’harmonica. Le récit semble alors pris dans une transe fiévreuse comparable à celle des chercheurs d’or.

 

Par ce procédé, le metteur en scène dépasse le théâtre et touche presque au slam, à l’incantation. L’idée de marquer le rythme, de faire ainsi se rejoindre la musique des mots et celle de l’harmonica n’est pas mauvaise, mais Xavier Simonin semble un peu peiner dans cet exercice, alors qu’il se montre à l’aise lorsqu’il s’agit, simplement mais efficacement, de dire son texte. Ce parti-pris scénographique ne fonctionne donc pas aussi bien qu’il le pourrait.

 

Toujours est-il que le spectacle est convainquant, et qu’il mérite sans conteste beaucoup plus que la cinquantaine de personnes présente le soir où nous avons assisté à la représentation.

 

http://www.espacesorano.com/site/accueil.php


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 19/01/2011