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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

L' Illusionniste

L' Illusionniste

Sylvain CHOMET

Pathé - 16 juin 2010 - 1h20

Et ta critique ?




Beau livre d’images qui joue à fond sur notre sympathie pour Jacques Tati. Le scénario ne suit pas. Dommage !


La démarche est familière. Elle est maladroite et burlesque. Le magicien est trop grand et ses tours de magie sont plutôt rudimentaires. Il a un lapin qui sort du chapeau mais qui sème le désordre une fois libéré. Les enfants sont émerveillés et les grands le regardent dans un ennui poli.

Ce magicien est sur le déclin. Il est obligé de traverser la Manche pour trouver du travail. Les temps sont durs. Dans les années 50, il est démodé. Ce qui va très bien à Sylvain Chomet, le réalisateur des Triplettes de Belleville. Il aime les couleurs sépia et les ambiances rétro.

Sa vision de l’Ecosse est sublime. Edimbourg est un labyrinthe urbain coincé entre la mer et les falaises. La nature est jaune et joliment dessinée. Les décors sont dessinés avec style et on retrouve le goût de la naïvété si cher à Jacques Tati.

L’illusioniste c’est cet artiste maudit, applaudi aujourd’hui. Le dessin animé est inspiré de l’une de ses histoires qu’il n’a jamais pu tourner. Chomet fait revivre le personnage en deux dimensions.  Les retrouvailles sont plaisantes.

Visiblement le réalisateur a bien étudié le personnage et on s’étonne du mimétisme. Impressionnant, son héros retrouve tous les gestes du célèbre Monsieur Hulot. On devine son décalage avec la modernité et le monde qui l’entoure.

L’illusionniste se passionne pour ce héros fatigué, de plus en plus marginalisé. Il est d’un autre temps et son travail devient éreintant. C’est nostalgique mais c’est aussi assez beau. Et drôle. Chomet trouve des idées de mise en scène et des blagues se cachent dans les plans.

Pourtant la promenade du clown triste en Grande Bretagne manque de corps. Le scénario navigue à vue et franchement, on s’ennuie beaucoup. Une fois la découverte de la performance graphique, le film n’offre pas grand-chose si ce n’est un best of improbable de la Tati’s touch !

Ses aventures restent anecdotiques et même austères. Chomet oublie la passion. C’est sage , trop sage. Trop mince dans son propos, le film est fade et finit par être un bel effort, louable mais pas très convaincant.  Cela dit, L’illusionniste donne très envie de revoir Mon Oncle ou Playtime. C’est déjà ca !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 29/06/2010