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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

L' Exercice de l'état

L' Exercice de l'état

Pierre SCHOELLER

Avec Olivier Gourmet, Michel Blanc, Zabou Breitman et Laurent Stocker - Diaphana - 26 octobre 2011 - 1h50

Les commentaires

ta d loi du cine

Le 09/03/2012

"Ministre de centre-gauche" (ça existe???), à quel moment est-ce dit dans le film? Il ne me semble pas non plus que le dir'cab (Gilles) "accepte" la privatisation des gares au sens propre. En serviteur de l'Etat, il aide son ministre à l'exécuter, tout prêt à se démettre ensuite.
(s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
http://dasola.canalblog.com/archives/2011/11/03/22524887.html

Et ta critique ?




Vitesse, lutte de pouvoirs, confrontation entre l'idéal et la réalité gouvernementale face à la crise… L'Exercice de l'Etat est-il vraiment une fiction ?


"4000 contacts et pas un ami" : seul à l'arrière de sa voiture de ministre des Transports - dont le chauffeur est un chômeur qui vient de passer un stage au ministère dans le cadre d'un plan d'aide de retour à l'emploi inhérent à chaque ministère - Bertrand Saint-Jean (Olivier Gourmet) cherche en vain à occuper sa soirée, le ballet prévu pour l'anniversaire de sa femme étant annulé à cause d'une grève à l'opéra. "C'est quoi ce pays ?" s'énervait-il quelques instants auparavant lorsque Pauline (Zabou Breitman), sa chargée de com, lui apprend la nouvelle et lui rappelle que sa fille est partie au Caire depuis deux jours. Ce que le ministre de centre-gauche avait oublié.

Centre-gauche tiraillé. Car si la privatisation des ports n'a pas gêné cet homme sincèrement investi d'une mission, la privatisation de la SNCF lui donne la nausée. Mais que faire face à un ministre du Budget (François Vincentelli, pornstar dans la série Hard) qui rétorque l'opposé sur RTL deux minutes après avoir annoncé que le monopole resterait coûte que coûte. Y voir une allusion au rapport entre Copé et Bertrand ne serait que pure coïncidence.

La déconnexion des décideurs, vu le grand écart qui les séparent du mal-être des Français, persiste de façon latente tout au long du film. Sans pour autant faire la morale. Et c'est la toute la force de Pierre Schoeller. La longue amitié entre le directeur de cabinet (Un brillant Michel Blanc), énarque minutieux qui croit dur comme fer en la force de l'Etat et arrive à accepter la privatisation à contrecoeur, et le ministre montre un lien fort mais pyramidale. Itou lorsque Saint-Jean annonce à sa communicante qu'il devrait la virer - alors qu'il lui a demandé ses quatre vérités - si son image n'est pas convenable.

Cette fiction arrive à déceler de l'intérieur une certaine réalité pour le moins déroutante. Et ce n'est pas moi qui l'annonce, mais le proche conseiller de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier, qui a accepté un échange avec le réalisateur relaté dans Libération le 26 octobre. Le président de la République (Stephan Wojtowicz) résume avec froideur l'exercice actuel de l'Etat : "Le peuple peut avoir de la méfiance envers le pouvoir, car il ne l'a pas"


Thomas Delavergne

© Etat-critique.com - 07/11/2011