Avec Sam Shepard, Scott Glenn, Barbara Hershey et Fred ward - Columbia - 1984
Et ta critique ?
Sam Shepard écrit des beaux films comme Paris Texas et joue dans des somnifères comme L’étoffe des héros. C’est ca aussi l’Amérique.
En même temps qu’il écrivait avec Wim Wenders, Paris Texas, Sam Shepard était dans un autre désert américain pour le tournage de L’étoffe des héros, film fleuve sur l’aviation américaine. Il interprète Chuck Yeager, l’homme qui dépassa le mur du son.
Il a le charme buriné de l’acteur. Comme un téméraire cowboy, Chuck Yeager repousse les limites et les frontières du possible. Il est une légende qui se voit rapidement concurrencée par des jeunes et impétueux pilotes. On reconnait les jeunes Dennis Quaid ou Ed Harris. Ca occupe. Car L’étoffe des héros est un film long.
Très long. On ne remerciera jamais assez Philip Kaufman de ne pas avoir soufflé dans la trompette du patriotisme. Il n’y a rien de pompier dans son film. Juste une histoire d’hommes et de politiques. Cependant le sens du détail devient rude au bout d’une heure.
Petit à petit, la guerre des étoiles s’enclenche entre la Russie et les Etats Unis. Le gouvernement veut rapidement envoyer des hommes dans l’espace. Parce qu’il ne sort pas d’une université, Chuck Yeager est mis sur la touche. Ce qui ne l’empêchera pas de jouer les têtes brûlées.
Des folies de Yeager au programme Mercury, le ciel sera le lieu privilégié d’une lutte individuelle puis politique. La guerre froide s’invite. Les médias entrent en scène. Les astronautes sont les nouvelles stars des années 50. Leurs femmes sont sacrifiées pour le spectacle (qu'est ce que ca pleure).
Kaufman étudie à la loupe le sort de quelques intrépides héros. Il s’amuse de leur sort puis les transforme en martyrs, victimes de politiciens aveuglés dans une société de consommation un peu désespérante. Le film pourrait faire rire un bolchevik !
Ce regard inédit sur le mérite national et le courage typiquement yankee permet au film de rester dans les mémoires. Mais on retient surtout sa longueur déprimante. Trois heures et 7 minutes d’avions dans le ciel, de langages techniques et de types à lunettes qui regardent des écrans. Les lancements d’avions et de vaisseaux spatiaux se succèdent de manière placide. Ils relèvent les défis les uns après les autres. L’intime s’associe mal avec l’événement. Bref, c’est un somnifère supersonique qui vous endort à la vitesse grand V. Pour amateurs d’avions uniquement ! Et de Sam Shepard, qui aura toujours la classe, même en space cowboy !