Avec Daniel Auteuil, Marisa Berenson, Marcel Bozzuffi et Daniel Ubaud - 1984
Les commentaires
seb
Le 20/10/2010
la bande annonce fait déjà très mal...
Et ta critique ?
Plus fort que Clint Eatswood. Plus dangereux que Charles Bronson. Plus serré dans son jean que Chuck Norris, voici Daniel Auteuil dans L'Arbalète. Le sous doué du polar con des années 80.
Belleville est un immense champ de bataille. Les habitants sont terrorisés par une guerre silencieuse mais sanglante. Il y a d'un coté le gang des Viets (on les reconnait car ils poussent des cris en bondissant en l'air), celui des blacks, des gitans et en plus on a un club de nazis qui veut faire régner l'ordre dans le quartier.
C'est le foutoir complet. Même les homosexuels (casquettes en cuir et petits marcels collants) s'organisent en bande! Il faut donc faire quelque chose et c'est justement ce que dit l'inspecteur Vincent le super flic de l'Arbalète.
Super flic dans les années 80, cela veut dire cuir sur les épaules, jean serré, santiags usés et un gros flingue en bandoulière. Il comprend la rue. Il en vient mais ne peut tolérer le désordre et la violence (sauf si c'est lui qui la pratique). Ce super flic, c'est Daniel Auteuil.
Avant Jean de Florette et Manon des sources, le fameux comédien tournait dans du nanar de qualité française. On n'a pas oublié Les Sous doués de Claude Zidi mais sa filmographie planque aussi quelques trucs affreux de Gérard Lauzier ou Serge Leroy. L'arbalète reste son plus gros navet.
Il fait parti de la période flic pur et dur de Daniel Auteuil. Les fauves sera un autre de ses grands nanars. Comme Delon ou Belmondo, l'acteur pas encore respectable, se voyait bien en Inspecteur Harry de Paname.
Pour ne pas se faire taxer de gros réac, son personnage, l'inspecteur Vincent doit tenter de ramener la paix en affrontant un de ses collègues, l'inspecteur Falco. Là, c'est carrément la police version gestapo. Donc notre ancien voyou devenu policier ressemble à un humaniste avec son magnum et son couteau à cran d'arrêt.
L'arbalète du titre, c'est le surnom de Marisa Berenson, une prostituée qui va aider notre jeune policier dans son enquête. Berenson en prostituée c'est un peu comme Paris Hilton en Soeur Emmanuelle. Il y a une grosse erreur.
Mais finalement ce n'est pas la pire du film, qui doit tout son statut de petit nanar génial à son réalisateur, l'italien Sergio Gobbi. En bon producteur italien, il pratique l'arrivisme avec un rare talent mais qui hélas, se voit rarement dans ses réalisations. On lui doit de sublimes nanars avec de grands acteurs européens comme Bibi Anderson, Helmut Berger, Jean Piat ou Charles Aznavour.
Le prestige des comédiens ne se voit jamais à l'écan. Dans L'arbalète, la caricature est exacerbé sans aucun second degré. Les ralentis provoquent de grandes barres de rire et les courses en renault 9 sont aussi excitantes que les backrooms que visite notre super flic.
Les dialogues sont catastrophiques et les bagarres ne sont pas vraiment chorégraphiés comme dans un vieux John Woo. C'est du grand n'importe quoi.
C'est qui en fait un beau moment de cinéma. Car les stéréotypes sont si grossiers que le spectacle ressemble à un long sketch parodique. C'est une grande comédie qui s'ignore. C'est un navet excellent, bon pour le moral mais pas forcément pour les yeux.