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Mercredi 23 Mai 2012Livre

L' Affaire Nicolas Le Floch

L' Affaire Nicolas Le Floch

Jean-François PAROT

Éditions 10/18 (8 janvier 2004) Collection Grands Détectives 398 pages

Et ta critique ?




L’affaire Nicolas le Floch, quatrième volume de la série de Jean-François Parot, n’est pas à la hauteur des précédents. Le choix manifeste d’un mode de récit plus moderne ne joue pas en faveur de l’écriture.

Si Parot a du succès, c’est grâce à l’incontestable érudition qu’il a de l’Ancien Régime, du Paris et des mœurs de l’époque. Ceux qui ont lu les trois premiers volumes peuvent largement en témoigner.

Si ce livre est important par le contenu narratif qui marque une charnière dans l’histoire des personnages, la forme n’est pas au rendez-vous. Pire, on en vient à se demander si c’est Parot lui-même qui l’a écrit ! Le style, plus moderne, ne s’attarde plus sur les dialogues porteurs de fameuses joutes verbales mais sur une narration intérieure qui donne à ce volume une impression de lecture fleuve détachée de ce qui caractérise le style Parot : une ironique vivacité teintée de volutes d’esprit. Le vocabulaire qui nous obligeait parfois à prendre des notes n’est plus là, les formules non plus.

 En ce mois de janvier 1774, la maîtresse de Nicolas Le Floch, Julie de Lastérieux est retrouvée empoisonnée. Aperçu plusieurs fois tout au long de la soirée, Nicolas fait office de suspect n°1. Innocenté par les hommes de pouvoir tels que Sartine, son supérieur,  et le roi Louis XV, le célèbre commissaire au Châtelet se voit confier l’enquête pour démasquer l’auteur du meurtre de Julie. Mais alors que les recherches piétinent et semblent embarrasser Sartine lui-même, le voici envoyé à Londres par le roi  pour résoudre une affaire diplomatique avec l’aide du Chevalier d’Eon. L’affaire résolue et après plusieurs tentatives d’homicide sur sa personne, Nicolas peut reprendre l’enquête première qui laissera d’autres morts derrière elle.

Plus qu’alambiquée, l’intrigue ne parvient pas réellement à convaincre. Hormis le passage sur la mort de Louis XV, peu d’événements retiennent avec force l’attention du lecteur tant les faits s’enchaînent et se croisent. La piste intéressante ouverte sur l’exploitation de Bourdeau comme enquêteur finit trop rapidement, le roi meurt et Sartine finira par changer de poste en fin d’ouvrage. Nicolas se retrouve bien seul dans ce roman et nous avec. Un sentiment de trop vite qui permet à Parot de relancer rapidement la série avec un Nicolas qui se découvre père, un Louis XVI qui arrive sur le trône et un Lenoir qui vient remplacer Sartine, mais sans grande conviction.

Dommage, si ce n’est cette prise de conscience que ce qui fait la force de Parot, c’est bien les à-côtés de la trame, les emphases de style, et non la succession des événements. Bref, tout ce qui manque ici.




Chronique du précédent volet : Le Fantôme de la rue Royale


Sébastien Mounié

© Etat-critique.com - 29/07/2008