Un film étonnant qui donne sourire et énergie à souhait! L'orchestre symphonique kimbanguiste rafraichit la musique classique d’un sourire et d’un sens inégalé de la débrouille.
Il y a des films qui naissent sous des auspices favorables : des acteurs connus, un réalisateur qui a le vent en poupe, une histoire d’amour, une sélection au Festival de Cannes, une super promotion sans parler de la diffusion dans les grands multiplexes… et il y a les autres.
Ces films à l’affiche plus audacieuse : documentaire, musique classique, Congo, réalisateur allemand. Mais dépassons les apparences et osons l’aventure. Pour l’avoir tenté, je ne tarirais pas d’éloge sur l’émerveillement ressenti devant Kinshasa Symphony ! Il y a des bijoux cinématographiques dont l’éclat ne disparaît pas en sortie de salle.
Kinshasa Symphony est l’histoire d’un orchestre de 200 musiciens et choristes dirigés par la baguette du prodigieux chef Armand Diangienda. Dans le chaos de la mégalopole congolaise, ils ont pris pour passion la musique classique et la font partager. Collés serrés dans un petit local de Kinshasa, ils répètent, posés sur des chaises en plastique. On les suit préparer leur premier concert en plein air dans un choc des cultures entre les shows TV de zouk locale et la 9ème symphonie de Beethoven… Autant dire que l'orchestre symphonique Kimbanguiste devra gagner le respect d'un entourage au départ dubitatif.
Les réalisateurs Claus Wischmann et Martin Baer vont ainsi filmer l’implication personnelle magnifique des musiciens dans leur quotidien. La joie et le courage de chacun sont aussi impressionnants que contagieux. L’un qui construit des instruments pour le groupe nous confie avoir une fois « récupéré un frein de vélo pour remplacer une corde de contrebasse cassée »! Une autre révise l'allemand sans lequel elle ne pourrait comprendre ce qu'elle chante. Un violonista invité à poser son instrument pour bidouiller des fils électriques lors les régulières coupures de courant. La flûtiste, son fils dans les bras, en recherche de logement lancera à un promoteur de cabanes en ruines que « le fait d’être congolais n’est pas une excuse pour vivre de cette manière »…
On admire alors tant le courage de ces musiciens aux rythmes de vie digne des Centres d’affaires parisiens en plus exotiques : musicien, cuisinière d’omelettes, barbier, électricien…On les sent prêts à tout depuis qu’ils ont découvert un univers d'émotions dans le classique. « Avec Vivaldi j'oublie tous mes soucis ».
Lorsque les lumières se rallument on souhaiterait hurler « Bravo», aller voir un à un chacun des musiciens et choristes pour les féliciter mais l’écran nous rappelle que le concert n’était pas en direct. Pouvoir du cinéma de nous transporter si loin… Le générique laisse le temps de digérer les frissons du concert final, sans retirer une once du ravissement qui nous a envahis.
Je terminerai par cette phrase de Joséphine, choriste sublime de l’orchestre « Même si tu n’aimes pas la musique classique quand tu entendras Mozart, tu l’aimeras », et encore plus jouée dans Kinshasa!