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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 King of california

King of california

Michael CAHILL

Avec Michael Douglas, Evan Rachel Wood, Willis Burks II et Laura Kachergus Metroplitan filmexport - 1h35 - 12 septembre 2007

Et ta critique ?




Un père et sa fille tentent de trouver un trésor situé sous un supermarché. A défaut de réenchanter le monde, ce film nous touche dans nos rêves et nos espoirs.


Sans pouvoir prétendre au titre de film novateur, King of Califorrnia est un yaourt qui contient de vrais morceaux de cinéma dedans et qui, lorsqu’on y regarde plus précisément fait preuve d’une réelle acuité sur la situation des paumés dans l’Amérique de George W.

Le film débute lorsque Miranda, une jeune fille de seize ans (Evan Rachel Wood) va chercher son père, Charlie (Michael Douglas) qui vient de passer un certain temps à l’hopital pour troubles psychologiques. Pour faire bouillir la marmite, Miranda travaille dans un Mc Do, Charlie fut jadis un bon contrebassiste de jazz. Il entraine peu à  peu sa fille dans une course au trésor.

Sur les traces d’un coffre rempli de pièces datant du 17ème siècle, ils finissent par le localiser sous un supermarché consacré au bricolage. Miranda a beau être la  partie raisonnable du duo, elle est impliquée dans cette chasse au trésor qui a pour but et pour fonction d’embellier la réalité, ou tout au moins de la rendre supportable.

Car la réalité sans le soutien du songe, est dure à avaler. Miranda fait un travail ingrat, jongle avec les impayés et la société actuelle a plutôt tendance à broyer les rèveurs qu’à leur tresser des couronnes.

Bien sur, le film raconte une quête, une odyssée minuscule en quelque sorte qui se déroule avec la logique qui aboutit aux cauchemars ou aux catastrophes mais il est émouvant dans ses moments contemplatifs. Quand Charlie joue de la contrebasse en contemplant les lotissements autour de lui là ou jadis fleurissaient des champs d’orangers. Quand Miranda regarde une machine à laver en mouvement et que cette contemplation la grise.

Non contente d’être d’une beauté digne de la Renaissance, Evan Rachel Wood, est un stradivarius et l’archet de la caméra glisse sur une intense variété d’émotions. Une telle actrice serait à elle seule une raison valable de voir ce film. Michael Douglas est excellent dans un rôle entre tension et illusion. On pense cependant que Jeff Bridges était fait pour ce rôle.

Voilà le paradoxe de ce film « indépendant » : il se donne les moyens de jouer dans la cour des grands tout en sacrifiant un peu de subtilité. On eut aimé par exemple que la bande son soit moins envahissante et ne surligne pas mièvrement les moments de poésie. Le pompon a lieu quand intervient une chanson entendue dans une publicité pour une voiture, ou était-ce la musique d’ouverture d’une émission de Bataille et Fontaine ? Bref… Au lieu d’accompagner le film, la musique la parasite.

Heureusement, la fin du film est assez belle et joue sur la continuité et le non-dit, ce qui est rare dans le ciné US contemporain. De plus voir dans un film, une famille expropriée parce qu’elle n’arrive plus à payer ses crédits, est d’une actualité brulante, et montre la perspicacité du réalisateur.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 22/09/2007