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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 King Kong

King Kong

Merian C.COOPER et Ernest B.SHOEDSACK

Montparnasse - 1933

Et ta critique ?




Avec la sortie du remake de Peter Jackson, King Kong a retrouvé une seconde jeunesse en DVD. Ce fut l'occasion de redécouvrir tout en numérique, ce mythe fondateur. Une redécouverte.


Car, à la différence des vampires, des créatures de Frankenstein et autres monstres mythiques, King Kong est une invention cinématographique, qui n’a pas son origine dans la littérature.

C’est une pure icône du fantastique sur pellicule. Un rêve effrayant imaginé par deux réalisateurs, adeptes des voyages dans les contrées sauvages de la première partie du vingtième siècle.

Jusqu’à présent, les versions qui parvenaient jusqu’en France étaient découpées, remontées et toujours tronqués. Les éditions Montparnasse rendent enfin hommage à ce film fondateur avec une version presque complète et surtout génialement restaurée.

C’est une vraie redécouverte. Il est facile de comprendre le choc que fut le film de Cooper et Shoedsack. L’exotisme de l’aventure conserve une vraie violence primitive qui dérange.

Cette façon de se confronter frontalement à une nature sauvage fait tout le charme et la force du film, qui profite des effets spéciaux révolutionnaires de Willis O’Brien.

Ils ne sont plus aussi efficaces, mais une subtile poésie s’en dégage. Les compléments parlent de cet héritage laissé par le film. L’âme maudite d’Hollywood, le cinglant Joe Dante (Gremlins, Panique à Florida Beach) disserte avec passion sur la modernité du film.

Ray Harryhausen, grand monsieur des effets spéciaux, fait honneur au travail de son mentor, O’Brien. Frustrants, car trop courts, ses suppléments soulignent l’influence extraordinaire de King Kong sur un pan entier de la production américaine. D’ailleurs, les superbes illustrations du livret montrent le fantasme que fut le grand singe de Skull Island.

Le plus amusant reste Le fils de Kong, suite pas très avouable réalisée par les mêmes auteurs. Moins bestial, un peu bâclé, le film vise le public familial. Ce n’est pas du grand cinéma, mais cette suite apparaît comme un vestige oublié de l’époque.

Si cette double galette ne tient pas la route face à la version import (4 DVD, commentaires, entre autres, de Shoedsack, documentaires rares à la pelle, étude de la scène perdue des araignées hélas tout en anglais), elle est tout à fait nécessaire dans une dévédéthéque et permet de mieux apprécier, par ses bons et mauvais cotés, le très imposant film de Peter Jackson et toute la mythologie du film de monstres!



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 08/10/2009