Maja Ostaszewska, Artur Zmijewski, Jan Englert et Danuta Stenka – Kinovista – 1 avril 2009 – 1h57
Et ta critique ?
A 80 ans, Andrezj Wajda réveille un souvenir douloureux de son pays. Salutaire mais trop convenu.
Costa Gavras vient de se faire griller la priorité par un petit vieux toujours vert. Connu pour son Danton chez nous, Andrezj Wajda est un réalisateur polonais au style baroque, appréciant les grandes causes et décriant entre autres, le pouvoir qui a assommé la Pologne durant des années.
Malgré la démocratie, Wajda reste un auteur engagé. Comme Costa Gavras, il aime les sujets polémiques et au crépuscule de sa vie, il s’attaque à un gros morceau : le massacre de Katyn.
A l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, des officiers polonais et des civils sont tués par la police soviétique dans la forêt de Katyn. Plus tard, en découvrant les charniers, les Nazis vont se servir de la découverte à des fins politiques. Cependant ce drame a nourri le quotidien d’épouses et de mères qui ont du lutter contre des pouvoirs sourds et peu enclins à l’aveu.
Le père du cinéaste fut abattu dans cette triste forêt. On devine que Katyn lui tient à cœur. Le film dénonce donc l’instrumentalisation de ce génocide spectaculaire. Face aux douleurs des familles, jamais résignées, le cinéaste montre la lâcheté des différents pouvoirs et le silence insupportable de la société polonaise.
Katyn a le courage de montrer les contradictions des occidentaux et des politiques. Son film renvoie tout le monde dos à dos. Il est tendre avec ses personnages mais hargneux avec l’Histoire.
Les intentions sont louables et intéressantes pour ceux qui veulent diviser un monde avec un axe du bien et un autre du mal. Hélas, formellement, le film est ennuyeux.
Deux heures de cinéma de papa ou de papy. La reconstitution historique oblige visiblement les cinéastes à ne plus être inventif. La réalisation est molle s’appuyant uniquement sur la force du propos pour garder le spectateur éveillé.
On aurait aimé plus vibrer pour ce drame émouvant. On aurait finalement plus de cinéma pour nous révéler toute l’horreur qui se cache dans ce morceau d’histoire trop peu connu.