Avec Hilda Peter, Roberto Giacomello, Norbert Tanko et Tibor Palffy - M6 Video - 2009
Et ta critique ?
Le cinéma roumain continue de surprendre par son originalité et sa simplicité. Katalin Varga est un portrait de femme âpre et fascinant.
Depuis la palme d'or de l'austère 4 mois 3 semaines et 2 jours, on a découvert la grande vitalité du cinéma roumain. Les auteurs, sans grand moyen, provoque de grands effets grâce à une grande maîtrise et un sens rare de la narration. Le cinéma roumain va à l'essentiel. D'où une forme de dépouillement très efficace à l'image.
Le réalisateur Peter Strickland, avec quelques euros, offre une histoire de vengeance, délicate mais aussi calleuse. La beauté d'une femme peut cacher d'aigres désirs.
Le mari de Katalin Varga découvre que son fils Orban n'est pas le sien. C'est la honte. Il demande à sa femme de quitter le village. Avec son fils, elle part sur les routes à la recherche du véritable père d'Orban, l'homme qui l'a violé il y a onze ans.
Elle rencontre le complice, le séduit et le tue. Poursuivie par la police, la jeune femme sait où trouver son violeur et fait une découverte étonnante... qui va changer notre regard sur la vengeance et la violence du film.
Strickland est un malin. Comme les autres cinéastes, il sait filmer la dureté de son pays. Les campagnes sont magnifiques mais elles sont pauvres. Pour Katalin et son fiston, elles deviennent presque fantastiques. Le réalisateur nous enferme dans l'obsession de l'épouse repoussée.
Le climat devient étrange. La Transylvanie est un merveilleux décor et accroche la morbidité de son héroïne. En même temps, le réalisateur fustige le machisme de son pays. En Europe centrale, les moeurs détonent.
Sans être d'une grande originalité, le cinéaste joue parfaitement bien avec les couleurs, les cadres et les ombres. Sa tragédie, plutôt courte (moins d'une heure vingt), se sert parfaitement de ses propres limites.
Hors du temps, hors des modes, ce film jongle avec le réalisme du pays et la fiction qu'est le cinéma. Le pouvoir de l'histoire balaie tous les défauts et nous emporte dans une oeuvre aussi exotique que déroutante.