Avec Harrison Ford, Liam Neeson, Peter Sarsgaard et Sam Spruell - Paramount - 2h
Et ta critique ?
Il y a dix ans, avant Démineurs, Kathryn Bigelow réalisait déjà un film de guerre qui échappait aux stéréotypes.
Au cours de la guerre froide, les États-Unis et l'URSS ont cherché à développer des moyens militaires de plus en plus performants. En 1961, l'armée soviétique sort de ses chantiers navals un sous-marin nucléaire nommé K-19.
À son bord, le capitaine Mikhaïl Polenin (Liam Neeson) se trouve confronté à la nomination par les autorités d'un nouveau commandant, Alexei Vostrikov (Harrison Ford). Polenin, devenu le second du navire, reste, malgré tout, le chef incontesté de l'équipage, mais son caractère et son rang l'opposent radicalement à Vostrikov, orgueilleux et autoritaire. En mission dans l’Atlantique, le sous-marin est confronté à une fuite de son réacteur nucléaire.
Catastrophe : si le sous-marin explose, les Américains pourraient interpréter l’accident comme une attaque de l'Union soviétique.
Tragique histoire, sur fond de guerre froide, d’ambition politique et de mortels devoirs, il peut paraître étonnant de trouver K-19 émouvant. Mais, dans cette période difficile, les soldats se préparaient à un conflit des plus terrifiants : cette peur est sur le visage de chacun des acteurs, des irréductibles combattants communistes aux simples appelés du contingent.
K-19 un film qui ne peut pas plaire à tout le monde. Les passionnés de films de guerre seront déçus du manque d’action et les amateurs d’intrigues géopolitiques internationales seront déçus par l'aspect "huis clos" du film.
Par contre, ce film donne à réfléchir, par son scénario issu d’un fait réel, sur le devoir des soldats envers leur patrie, sur la charge d’un commandant de sous-marin, sur la tension qui existait entre le bloc soviétique et les États-Unis à cette époque pas si lointaine.
K-19 rend, à sa manière, hommage aux soldats soviétiques, et plus particulièrement aux héros qui se sont sacrifiés pour entrer la chambre de combustion du réacteur nucléaire du sous-marin, mortellement irradiés, non pas pour la gloire du communisme, mais pour leur famille : l’équipage.
Inutile de comparer ce film avec la référence, A la poursuite d’Octobre Rouge, car, malgré l’excellence de ce dernier, K-19 ne parle que de relations humaines dans une situation catastrophique, sans classer les Russes chez les méchants et les Américains chez les gentils...