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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Jumper

Jumper

Doug LIMAN

Avec Hayden Christensen, Samuel L. Jackson, Jamie Bell et Rachel Bilson 20th century fox - 20 février 2008 - 1h35

Et ta critique ?




Que feriez-vous si vous aviez le pouvoir de vous téléporter où bon vous semble ? Vous en profiteriez certainement pour quitter la salle rapidement afin de vous épargner cette bouse qui a le malheur de se prendre au sérieux.


A force de subir année après année des produits de grande consommation cinématographique pour adolescents à la recherche d’émotions fortes, qui sont au 7ème art ce qu’un McDo est à la restauration, on finit par perdre l’espoir de voir un jour un film de genre à gros budget aussi intelligent que divertissant. Sans être aussi exigeant, on pourrait espérer quelque chose de moins avilissant que ce nanar hollywoodien dont il est question ici.

Pour faire court, on reprend la trame d’un Spiderman (seule variation du film de super-héros qui a réussi à mettre d’accord les fans et le grand public) et on le transpose trait pour trait. En l’occurrence on mixe un adolescent mal dans sa peau rejeté par ses pairs avec un super-pouvoir qui est la métaphore de la quête de la liberté (là il ne se balance pas à un fil, mais il peut se déplacer sans contrainte) et le devoir moral (« un grand pouvoir vient avec de grands risques », à se demander où ils ont puisé leur inspiration).

Seulement, avec tout cela, on obtient un démarrage lénifiant et une suite qui ne vaut pas mieux, une réalisation en berne centrée autour de combats dans des cartes postales, des acteurs mauvais (avec en tête l’ersatz blondinet de Dark Vador et un Samuel L. Jackson qui tombe de plus en plus bas avec des rôles de bad ass sur le retour depuis Snakes on a Plane) et un découpage de l’action épileptique qui donne un résultat brouillon et laisse une forte impression de bâclage (ou de débâcle, c’est selon).

Ennuyeux et sans enjeu scénaristique, on ne peut que constater le naufrage d’un sujet qui aurait pu être un tant soit peu intéressant s’il avait été traité sérieusement et non pas comme un actionner plat et sans saveur. A l’image du twist final, véritable affront intellectuel à un public qui n’en demandait pas tant et qui ne demande qu’à en finir. La fin annonce hélas une suite probable qu’il faudra, tout comme le premier, éviter à tout prix.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 25/02/2008