Florian Zeller nous avait surpris avec La fascination du pire, chronique assez fine du voyage d'un écrivain au Caire. Avec Julien Parme, il nous déçoit franchement !
Julien a 14 ans. Il nous fait part de ses émotions, de ses premiers soucis, de ses premiers émois : son père est mort, il trouve sa mère triste et pense qu'elle ne l'aime pas, son beau-père est stupide… Julien est amoureux et se rêve en écrivain romantique... Sa mère lui interdisant de se rendre à une soirée chez Mathilde, la fille dont il est amoureux, il fugue. Cette errance (de 24 heures) se limite au XVIe arrondissement avec quelques incursions à Montparnasse et est très adoucie par le fait qu'il a emporté la Mastercard de son beau-père, ce qui lui permet de dormir à l'hôtel et de se déplacer en taxi.
Tout le récit est à la première personne, c'est Julien Parme qui parle : du vrai langage parlé d'une platitude consternante et lassante (du style "Ca vous donne un coup forcément", à qui le dis-tu ! Ou encore "Il vous broutait pendant des heures avec sa vie perso", je suis d'accord !) pour énoncer des lieux communs qui, au mieux agacent, au pire vous donnent envie de jeter le livre par la fenêtre du RER ("Je me suis souvenu que ça tournait pas toute la nuit le métro. Il fallait bien qu'ils dorment aussi, les conducteurs. Histoire d'être en forme pour les jours de grève", je suis morte de rire).
Ce roman qui se veut la chronique du malaise de l'adolescence est toc et sans saveur. Le seul avantage : il se lit tellement facilement que l'on ne perd pas son temps trop longtemps.
Véronique Cazaubiel
© Etat-critique.com - 29/03/2007