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Mercredi 23 Mai 2012Musique

 Juke Box

Juke Box

Les VALENTINS

(Barclay/Universal - 2001)

Et ta critique ?




Ah, si les Valentins avaient été anglais, avaient chanté en anglais et été promotionnés comme des anglais...


... c’est sûr : on aurait crié au miracle, ils auraient fait la couverture des magazines et on se serait pâmé devant tant de talent !

Seulement voilà, les Valentins étaient français, ils chantaient en français et n'ont pas été médiatisés du tout.

Résultat : la majeure partie des enfants du rock est passée à côté de ce groupe sans se retourner, sans s’attarder, pas plus sur ce dernier album que sur les précédents.

Et c’est là que le sens du devoir m’oblige à intervenir. Parce qu’il y a dans ce "Juke box" là assez de mélodies, assez de poésie, de sensualité, de profondeur, de pêche et de ce qui doit toucher tout enfant du rock normalement constitué pour que je prenne mon bâton de pélerin et que j’aille, urbi et orbi, publier la bonne nouvelle, moi qui fus touché par la grâce.

Il y a pourtant un bail que les Valentins tournaient et étaient reconnus dans le milieu : Etienne Daho, Françoise Hardy, Alain Bashung, Jacno, Daniel Darc, Bill Pritchard, Nicola Sirkis, Brigitte Fontaine, Jean Guidoni, Miossec, entre autres gens de goût, n’ont pas manqué de venir s’abreuver abondamment et régulièrement à leur source musicale au fil de leurs propres albums.

Trois à leurs débuts, nos Valentins ont évincé depuis Gérald Gardinier, qui est allé finir de tourner mal de son côté, en solo, sous le nom de Gérald De Palmas.

Restent Jean-Louis Pierot et Edith Fambuena, la leadeuse, une sacrée fille aux allures de mec, guitariste, compositrice et chanteuse. A eux deux ils nous ont fabriqué ce splendide "Juke" Box, tout rempli d’émotion, magnifiquement arrangé (superbes cordes de Will Malone) et parfaitement maîtrisé. Les mélodies sont des modèles du genre : elles vous attrapent immanquablement sur chacun des onze morceaux et persistent après écoute, longtemps, longtemps... on se plaît à les laisser raisonner dans la tête tant elles sont belles.

Les paroles, simples et sensibles sont portées par la voix épatante d’Edith, qui n’a jamais chanté si juste, si bien. Une véritable chanteuse populaire, au sens noble du terme. D’ailleurs, Edith...

Ce disque, très beau et très attachant, avait largement sa place sur le podium 2001 des meilleures productions de la pop française.
Alors pourquoi ne l’a-t-on pas dit ?
Pourquoi les Valentins - qui ont fini par splitter en 2003 - devraient-ils toujours rester dans l’ombre ?

Il est temps que cela cesse ; qu’on le dise, qu’on se le dise et qu’on le redise ou on tâtera de mon bâton de pèlerin !



Roland Caduf

© Etat-critique.com - 15/05/2011