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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Jennifer's body

Jennifer's body

karyn KUSAMA

Avec Megan Fox, Amanda Seyfried, JK Simmons et Adam Brody - 20th century fox - 21 octobre 2009 - 1h42

Et ta critique ?




Un film d’horreur féministe ? Un teen movie mutant ? Nan, juste un tout petit navet avec deux bonnes comédiennes…


Il y a une éternité, Karyn Kusama s’attaquait au machisme avec un punch incroyable. Ca s’appelait Girlfight et cela rassurait sur l’état du cinéma américain indépendant.

Depuis Karyn Kusama est au service des studios et se prend les pieds dans un film de science fiction d’une ringardise extrême, Aeon Flux. Elle récidive avec un film d’horreur, écrit par la scénariste à la mode, Diablo Cody.

On est donc clairement dans un féminisme exacerbé. Une adolescente affolante est possédée par le mal et dévore les idiots de son bahut. Sa copine bécasse va tenter de l’aider.

L’auteur de Juno cherche donc à provoquer l’Américain moyen. Un petit bisou entre deux filles, une sexualité adolescente explicite, un rock sataniste, des hommes réduits à des clichés. Cela donnerait un cocktail savoureux. Hélas, les deux auteurs du film se brident constamment.

Les attaques de la lycéenne affamée ne font pas peur (le chef opérateur a du perdre un œil durant le tournage). Les atermoiements adolescents copient ceux des années 80, de Breakfast Club à Sixteen Candles. Kusama et Cody voulaient rebondir sur ces stéréotypes pour un film terrifiant.

La production est incapable d’être efficace en matière d’horreur. Ca dérape sérieusement dans le virage du naveton pour jeunes filles en fleurs. Heureusement on n’est pas dans l’amour chaste à la Twilight. Cody n’est pas une religieuse.

Tout comme les deux actrices qui s’impliquent. Megan Fox n’a pas de mal à jouer les croqueuses d’hommes. Après Un anglais à New York, elle prouve qu’elle a un solide second degré. En face d’elle, la révélation de Mama Mia, Amanda Seyfried confirme une vraie singularité.

Elles ne sauvent pas l’ensemble, maladroit et un peu faux cul. A force de vouloir être malin, Jennifer’s body n’assure pas le service minimum d’une série B. Pas bandant du tout !



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 10/11/2009