C’est fini ? Quand on se pose cette question à la descente du rideau, ce n’est jamais très bon. C’est le triste verdict de cette pièce sur la vie (de couple) romaine.
Giuliana est une fille futile. Elle s’imaginait actrice. Elle croyait la vie facile. Après des aventures diverses à Rome, la jeune femme de la campagne épouse en moins d’un mois, un avocat, Pietro.
Il est fier de son mariage express. Mais il se demande bien comment va réagir sa mère, sinistre et mauvaise. Giuliana vivote en attendant la terrible rencontre…
Elle sautille de son lit à une table. Parfois elle danse. Elle raconte sa vie à sa bonne. Elle s’interroge sur un mariage aussi vite expédié. Elle cause, elle cause et elle cause. Face à ce robinet à paroles, le mari est nonchalant, consommant cigarettes et verres de vin.
Valéria Bruni Tedeschi sait jouer les femmes éthérées. Elle reste sur scène avec son personnage un peu léger et très romain. On pense aux glorieuses héroïnes italiennes du cinéma des années 60.
La comédienne s’enferme finalement dans un monologue sans queue ni tête, sans cohérence. Les partis pris deviennent maladroits. L’intrigue est noyée dans des dialogues, parfois savoureux mais aussi longuets.
Chaque personnage joue sa partition sans vraiment se soucier de l’autre. Si le couple s’interroge sur les motivations du mariage, les réponses s’évaporent dans des répliques pas très claires et une mise en scène qui déconcerte.
L’arrivée de la mère provoque pas mal de rires mais ne fait absolument pas évoluer les héros et l’imbroglio du couple. On a l’impression qu’au final, tout cela ne mène à rien.
Ce n’est pas forcément un mal de se sentir malmené, mais ici la faiblesse de l’histoire devient éclatante au fil des minutes. Farfelus, les personnages gesticulent pour cacher une sécheresse évidente de la pièce. Le vrai mérite de la pièce, c’est de donner finalement l’envie de jeter un coup d’œil sur un Fellini ou un Antonioni… se faire un petit dvd! C'est dommage.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 21/01/2009