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Mercredi 23 Mai 2012Musique

 Je suis au Paradis

Je suis au Paradis

Thomas FERSEN

(Tôt ou tard - 2011)

Et ta critique ?




Thomas Fersen revient avec des monstres dans ses chansons. Ca ne l'empêche pas de nous emmener au Paradis !


C'est fini les animaux. Depuis son premier album, "Le bal des oiseaux", le rêveur Thomas Fersen aimait beaucoup raconter le quotidien aidé par les animaux. Sur ses pochettes d'album, il se présentait avec un lapin ("Les ronds de carotte"), un poisson ("Le jour du poisson"), une tête de cochon ("Pièce montée des grands jours") ou jouait en public à la Cigale !

L'artiste a de la suite dans les idées mais son dernier disque ("Trois petits tours" en 2008) montrait que sa ménagerie ne l'inspirait plus beaucoup. Entre temps, le bonhomme s'était essayé à la littérature pour enfants. La lecture et l'écriture ont pris beaucoup de place sur la musique. Il n'est pas étonnant aujourd'hui de voir une pochette d'album dessiné par un illustre auteur de bédé comme Christophe Blain.

Les deux hommes ont de nombreux points communs à commencer par une poésie légère et discrète. Une façon décalée de croquer l'existence. En attendant Thomas Fersen a retrouvé le goût de la chanson en lisant "Dracula" de Bram Stoker. Les animaux ont disparu. Dans la dernière chanson, il trouve un compromis: il chante les loups-garous.

Comme Tim Burton ou Dionysos, le gothique lui permet de retrouver sa verve d'antan. La musique est classique, presque lente mais berce des textes soyeux comme l'intérieur d'un cercueil. Thomas Fersen est un peu trouillard mais s'amuse beaucoup à décrire des monstres cruels comme le célèbre vampire ou Barbe Bleue.

Il joue au zombie. Il s'imagine en enfant sorcière. Il se raconte des terribles histoires avec un humour aimable. Ca fait plaisir de retrouver son élégance. Au hasard d'une chanson, on se demande s'il ne se cache pas derrière toutes ses créatures pas si monstrueuses que ça ! Il dirige son train de fantôme avec un bonheur qui s'entend à chaque note.

La musique séduit comme un sortilège. L'ukulélé a toujours sa place privilégiée (c'est lui qui serait à la base de tout l'album, rangé tous les soirs dans sa boite telle un petit cerceuil) mais l'orchestration se plait à rester harmonieuse pour que l'artiste puisse chanter une certaine jouissance parfois impudique.

En tout cas Thomas Fersen a de nouveaux amis poilus qui lui redonnent du poil de la bête !




Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 14/03/2011