Avec Daniel Auteuil, Marie Josée Croze, Florence Loiret Caille et Olivia Ross – SND – 6 mai 2009 – SND
Et ta critique ?
Adaptée du roman d’Anna Gavalda, Je l’aimais est la troisième réalisation de Zabou Breitman. Comme les deux autres, il s'agit d'un drame, d'une passion et d'une comédie.
Cela débute pourtant par les sanglots de Chloé. Larguée par son mari, elle est consolée par son beau père, Pierre, durant quelques jours dans un chalet.
Un soir, Pierre raconte pourquoi, étant dans la même position que le mari, il préféra rester avec sa femme plutôt que de partir, et combien il regrettait ce choix.
Je l’aimais parle avant tout d’une formidable histoire d’amour entre deux êtres non préparés et non destinés.
Daniel Auteil joue deux âges différents. Il transmet d’une simple et juste émotion le changement qu’opère l’amour sur Pierre, cet homme d’une cinquantaine d’années, marié, vivant pour son boulot, d'une apparence polie.
On aurait pu attendre pour le rôle de Mathilde, l'objet de désir, deux choses : du charme et de la vivacité. Marie Josée Croze s'appuie sur d'autres qualités, plus touchantes et mystérieuses encore!
Zabou Breitman confirme son talent de direction d'acteurs mais aussi sa place parmi les meilleurs réalisateurs français. Elle a absolument compris les enjeux du livre et les petits riens qui font qu'un homme se trahit lui même.
Sa réalisation regorge d’ingéniosité. Le début du le film est fulgurant. On navigue entre des centaines de détails par plan et de simples plans ou il ne suffit que de profiter et de savourer l’image.
Dommage alors qu’aucun second rôle ne tienne la route réellement. Le film comprend quelques longueurs que certains ne surmonteront pas (comme mes deux voisines de rangée). Elles sont bercées heureusement par la bande originale: un petit bijou, dans la lignée de In the Mood for love avec une touche folk sympathique.
Cette intrusion sur 7 ans dans la vie de Pierre pose la question du choix. Le bonheur personnel motivé par l’amour, doit-il prendre le pas sur tout le reste ? La réponse s'est trouvée une jolie formule mise en image par Zabou Breitman : on ne guérit pas de l’amour…