Adaptation réussie d’un livre qui ne l’est pas moins, la transition cinématographique ne laissera pas indifférent. Aussi noir que réaliste, un film venu du froid qui fait chaud au cœur.
L’Islande est à la fête en ce mois de septembre. Après le réjouissant Back Soon, c’est au tour de Jar City (tiré de la très bonne série de romans policiers d’Arnaldur Indrinason) d’arriver sous nos latitudes.
Un homme perd son enfant à la suite d’une maladie héréditaire rare. Il décide de travailler pour un organisme de collecte de l’identité génétique qui ferait passer le fichier Edvige pour l’enquête fidélisation de la CAMIF. Cela lui permettra de comprendre la mort de sa fille et le mènera à la cité des jarres.
Alors qu’on retrouve un pédophile mort depuis deux jours dans son appartement et une fois passé le sentiment de bon débarras, trouver un coupable n’est pas si facile. Mais c’est pourtant ce qu’un policier va tenter de faire. De personnages troubles en bandits notoires, son enquête aboutira également à la cité des jarres.
Le parcours mélancolique de ces deux êtres se croisera à plusieurs surprises, parfois sans qu’ils se voient. Et c’est dans cette valse absurde et intemporelle que l’histoire prendra tout son sens. Et son dénouement.
Avec son nom de héros tolkienien, l’inspecteur Erlendur est une célébrité nationale. Sans être beau ni intelligent, c’est son humanité presque obsolète le rend proche du lecteur. Avec ses soucis familiaux (à commencer par une fille toxicomane et insolente), des enquêtes d’une banalité affligeante et des collègues pas vraiment recrutés sur leur physique, on est loin des standards américains. Et c’est tant mieux.
Polar très noir et extrêmement réaliste (l’inventaire génétique au centre de l’histoire existe vraiment), le film retranscrit à merveille l’atmosphère froide du pays nordique et donne aux protagonistes un relief rarement atteint. Sans strass ni paillettes, cette humilité artistique servie par une réalisation sans faille et des acteurs convaincants aura de quoi séduire les plus réticents.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 10/09/2008