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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Jane

Jane

Julian JARROLD

Avec Anne Athaway, James McAvoy, Maggie Smith et James Cromwell La fabrique de films – 17 octobre 2007 – 1h54

Et ta critique ?




La pression sociale. Le bon parti. L’amour impossible. Les vieilles tantes aigries… Les adaptations de l’œuvre de Jane Austen sont devenues courantes et connus. Pour sortir de l’ordinaire, le réalisateur Julian Jarrold invente un biopic, où la fiction semble s’être inspirée de la réalité.


La transposition au cinéma des livres de Jane Austen s'apparente désormais à un genre à part entière dans la production britannique. Avec très peu de livres, la romancière a permis la réalisation de nombreux films classiques, élégants et so britanniques.On y voit des vertes campagnes, des menuets bien exécutés, des belles toilettes et des amours parasités par la société aristocratique du début du XIX siècle. Austen était une féministe romanesque : elle décrivait l’insupportable pression sur les femmes pour trouver un époux riche et présentable. Souvent au détriment des sentiments.

Jane Austen fut une vieille fille, s’évadant dans l’écriture. Le cinéaste Julian Jarrold préfère imaginer que la jeune femme a eu une vie aussi tumultueuse que ses héroïnes. Se servant d’une biographie controversée, il fait de Jane Austen, une jeune femme qui tombe follement amoureux d’un juriste londonien et volage. Elle est promise à un sinistre bourgeois mais les sentiments sont plus forts et elle tente de tout faire pour que son amour soit accepté par son entourage…

Il ne faut pas être outré par la liberté historique prise apparemment par le réalisateur : son but est de respecter les conventions du genre. Et d’offrir un spectacle aussi léger que plaisant.

Jane Austen aurait puisé dans sa vie pour écrire Raison et sentiments ou Orgueil et préjugés. La jeune femme fut emportée dans une vie romanesque où elle refuse d’obéir à une vie figée et prévisible. Comme ses héroïnes, elle s’appuie sur une famille soudée et quasi féminine. Elle craque pour le plus insolent des hommes. Elle affronte des vieilles acariâtres dans des bals de province.  Elle souffre des élans du cœur qui défient bien souvent la sagesse.

Tout cela se passe dans une belle campagne avec de beaux petits palais bien arrosés par le temps anglais. Les femmes portent de belles robes tandis que les hommes sont serrés dans des vêtements étriqués. La vaisselle en porcelaine est sortie. La musique accompagne parfaitement la fougue romantique des personnages. Les acteurs, eux, se régalent, à réciter des textes joliment désuets.

C’est donc du bel ouvrage. Julian Jarrold applique les stéréotypes sagement et il a raison. Les amateurs de ce style seront ravis. Les autres trouveront cela un peu vieillot.  De toute manière, le film est estampillé «typically british» et c'est bien là, sa principale qualité.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 17/10/2007