Jazz et bluesy, c'est le son estival d'Etat Critique !
Les quatre musiciens de James Farm ont réalisé un très grand premier disque qui devrait combler tant les amateurs de jazz que de rock.
"James Farm" est le titre de l’album et celui d’un collectif formé de quatre musiciens qui comptent parmi les plus brillants de la jazzosphère. Ce pourrait donc être le prétexte à un exercice de virtuosité pour chacun. Il n’en est rien. Car le talent du saxophoniste Joshua Redman, celui du batteur Eric Harland ou du pianiste Aaron Parks est mis tout entier au service du groupe. Ici, pas de leader ou plutôt quatre dont les prestations sont d’égale importance. Et l’addition de tous ces talents, ça donne quoi ?
James Farm délivre un jazz plus sensuel que cérébral où chaque titre possède sa mélodie. On pense parfois au défunt groupe E.S.T. ou au rock de Radiohead. Certains parlent même de pop et soutiennent que le disque devrait connaitre un immense succès. Mouais. C’est vrai que la musique de James Farm est accessible à tous les publics avec ses morceaux conçus comme des chansons. Mais c’est encore du jazz donc un son libre, non formaté, plein de digressions et de ruptures. Et la plupart des radios sont trop contraintes ou trop frileuses pour en diffuser.
Si le quartette ne cède pas à la facilité, il ne recule pas pour autant devant le groove et la mélodie. Et l’on se met très vite à claquer des doigts, à siffler les thèmes de Polliwog ou de Chronos. Les plus gourmets se régaleront des solos inventifs et subtils de Joshua Redman, des baguettes déchainées d’Eric Harland, de la contrebasse délicate de Matt Penman ...
On ne sait si le groupe enregistrera un second opus. Ce qui est sûr, c’est que le premier est exceptionnel. Du genre de ceux qui marquent les mémoires. Et que l’on rêve déjà d’un autre album de James Farm.