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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 J'veux pas que tu t'en ailles

J'veux pas que tu t'en ailles

Bernard JEANJEAN

Avec Judith Godreche, Richard Berry, Julien Boisselier et Martine Fontaine UGC - 25 avril - 1h35

Et ta critique ?




Comédie psychiatrique très légère, cette histoire d’adultère en eaux peu profondes accompagne parfaitement l’arrivée précoce de l’été mais risque de ne pas satisfaire ceux qui recherchent des mets autrement plus consistants.


Woody Allen, à qui la profession des sondeurs d’âmes sur canapé est on ne peut plus reconnaissante, pourra vous le dire : c’est lorsque l’humain dévoile ses plus intimes pensées qu’il est le plus drôle.

De l’autre côté de l’Atlantique, Gérard Jugnot s’était intéressé à une autre facette du divan dans Oui Mais… entre méthode pédagogique et fable humaniste. Dans le film dont il est question aujourd’hui, la psychanalyse n’est qu’un ressort du scénario et il ne faudra pas chercher plus loin une quelconque démarche d’exploration du subconscient.

Carla (Judith Godrèche, qui fait un beau retour au cinéma) est mariée à Paul (Richard Berry, qui remplit bien son rôle) mais couche avec Raphaël (Julien Boisselier, qui continue de révéler son talent). Le film qui démarre comme un mauvais épisode d’Amour, Gloire et Beauté va concentrer toute son énergie autour d’un concept fort : Paul est le psy de Raphaël !

Il est vrai que ça ne casse pas trois pattes à un canard mais comme il s’agit de la seule originalité visible, autant ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Rendant plutôt bien le thème de la manipulation mentale avec un ton léger, le long métrage évite d’être démonstratif mais il est handicapé par certaines scènes d’une lourdeur inutile.

Caressant le spectateur dans le sens du poil, Bernard Jeanjean a su s’entourer d’acteurs attachants pour réaliser un film convenu mais agréable. Toutefois, on ne peut que regretter la gratuité de l’adultère, artifice scénaristique, et l’absence de thèmes pourtant évidents comme le divorce ou la dépression, bien qu’ils n’auraient pas vraiment été à leur place.

On en vient vite à la conclusion que faire une comédie sur le thème de l’infidélité était un pari risqué qui arrive tout de même à obtenir l’effet escompté. Après le très réussi Ensemble C’est Tout, les spectateurs à la recherche d’un souffle cinématographique printanier se laisseront sûrement tenter.

Sans arriver à la hauteur de ce dernier, J’veux pas que tu t’en ailles reste agréable, frais mais sans corps. En somme, un petit vin rosé parfait pour la saison.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 01/05/2007