Découvert sur Canal plus, les pérégrinations du reporter Antoine de Maximy est une invitation à la rencontre au charme évident et durable. Les dvd prouvent que les documentaires résistent à la répétition. On ne se lasse pas de ce globe trotter faussement ingénu.
Grand reporter, Antoine de Maximy a traversé au cours de sa carrière 65 pays, dans des conditions plus ou moins agréables. De ces voyages est né le concept d’une série de documentaire : essayer à tout prix de se faire inviter chez les gens et profiter de leur hospitalité.
Armé de trois caméras, dont deux fixés sur son corps, Antoine de Maximy débarque dans un pays, sans connaître personne et visite le pays au fil des rencontres. Il se balade et évidemment son look sort du commun. Il est très souvent sollicité car les gens désirent comprendre ce que fait ce petit gars avec des caméras sur lui.
Ce premier contact le mène parfois à se lier avec des personnages étonnants. C’est la richesse de l’émission : Antoine de Maximy, naturel et jamais naïf, réveille ce sentiment humain qui dépasse les préjugés et les peurs : la curiosité.
Bien entendu le choc des cultures est plus impressionnant lorsqu’il se promène en Afrique ou des pays du tiers monde. Mais dans ses périples, le journaliste arrive bien souvent à sortir des clichés que l’on porte en nous des autres civilisations.
Il parvient même à surprendre en appliquant son amusante méthode en France. Antoine de Maximy fait l’éloge de l’amitié soudaine, du plaisir simple et des hasards (plus ou moins) heureux. C’est un vrai bonheur : la démarche va à l’inverse des obsessions sécuritaires et des paranoïas contemporaines.
Les cinq premiers dvd réunissent des voyages très différents (Japon, Ethiopie, Québec, Mali, Chine Suisse, Inde , Belgique, Madagascar et France). On y découvre des personnages farfelus, brillants et parfois inquiétants (faut se méfier des eskimos au Québec). On devine les joies et les désillusions de l’auteur voyageur, parfois très déçu de voir que son idée de passer une nuit chez les gens arrivent au refus.
D’ailleurs au-delà de la rencontre, le reporter sait filmer les décors même s’il préfère les êtres qu’il accoste avec une bonhomie irrésistible. Il évite les images d’Epinal et donne à voir de vrais paysages, sensibles et fascinants. Pendant un mois, etat critique parlait de navets sur le thème des voyages. Ces reportages sont un vrai moyen de se dépayser intelligemment. Vous verrez : cela fait un bien fou !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 01/07/2007