Une comédie sur les comédies musicale devait sembler être une bonne idée pour se lancer dans une telle épopée. Le résultat n’est ni bon ni foncièrement mauvais, mais rien qui ne mérite une histoire qui s’égare comme cela.
En 1949, un homme se pend laissant derrière lui sa famille. En 2030, un professeur enseigne le déterminisme génétique. Entre les deux, un paumé fuit avec l’élue de son cœur pour aller vivre dans une maison de banlieue, livrée complète avec chien, bébé et voiture familiale. L’idée même du bonheur pour un enfant dont le père a fui le domicile familial pour d’obscures raisons.
Le début est peu conventionnel si l’on pensait atterrir dans un monde merveilleux dans lequel les gens chantent et dansent pour exprimer leurs émotions. Mais le film ne parle pas du tout de ça. Le pas de claquette ne fait que symboliser le fantasme de la crise de la cinquantaine et le désir de se libérer d’une vie trop bien réglée.
Ainsi les mâles de la famille Maréchal (puisqu’il s’agit d’eux) ont tous succombé à la folie de la danse après avoir vu Gene Kelly dans Singing in the rain. L’abandon de leur famille à chaque génération apparaît donc comme une malédiction dont personne n’a su se défaire. Reste t’il un espoir ?
Hélas, preuve en est faite sous nos yeux, la faute des pères ne peut qu’alimenter celle des fils, il ne reste plus rien à réfléchir ou à attendre. Voir des hommes se débattre et tenter de s’affirmer par leurs rêves est finalement assez déprimant au vu des résultats. Un anti-spot d’une heure et demie pour SOS Papa, c’est trop long pour si peu.
La conséquence la plus funeste est probablement l’apathie des personnages qui se résignent avant même d’avoir cherché à comprendre ce qu’il se passait dans leur vie. La fatalité fait partie du quotidien où tout est gris et pluvieux. Mais cette fois, les gens qui dansent sous la pluie n’expriment plus leur joie mais une petite mort, celle de l’ego.
Vincent Elbaz et Jean-Pierre Cassel (dont c’était la dernière danse à l’écran) révèlent des talents insoupçonnés mais les démonstrations se font trop rares pour donner du rythme au film. On comprend au bout d’un moment que le film n’offrira pas ce qu’on pouvait en attendre et la déception s’installe avec l’ennui.
« Regarde les hommes danser » aurait pu être le titre de ce marivaudage intellectuel. Pour une pseudo étude comportementale, la morale fait sourire par sa candeur et sa légèreté. C’est seulement au dernier moment que l’on se dit que ce film aurait pu faire une bonne comédie musicale, mais c’est un peu tard.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 01/09/2007