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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 J'attends quelqu'un

J'attends quelqu'un

Jérome BONNEL

Avec Jean Pierre Darroussin, Emmanuelle Devos, Florence Loiret-Caille et Sylvain Dieuaide - Bac films - 21 mars 2007 - 1h36

Les commentaires

philsendek

Le 28/03/2007

Je te trouve un peu dur mais il est vrai que le film choral qui prolifère, est une denrée périssable.
Néanmoins ce film a une mélancolie profonde, qui l'apparente à l'univers d'un Tchekov.

Et ta critique ?




Dans la grande famille du film chorale à la française, J’attends quelqu’un ne déçoit pas les habitués du genre. Aérien et inspiré, ce petit film sympathique aurait toutefois gagné à être plus ambitieux.

La ville est anonyme et les jours semblent s’enliser dans la morosité. Un homme se love dans les bras d’une jeune femme qui lui vend ses charmes. Autour de ces deux animaux blessés qui ne veulent pas se montrer leurs plaies, gravite un couple qui a tout pour être heureux, un jeune homme à la recherche de son passé et une galerie de personnages qui s’effacent plus ou moins naturellement dans le décor.

 

Il n’est pas nécessaire d’en dire plus sur le scénario, il n’est qu’un artifice, une scène de théâtre qui permet aux acteurs d’évoluer. On peut regretter cette tendance actuelle du cinéma français qui inonde les écrans de prétendus films d’auteur confondant spleen et misérabilisme, drame et tragédie de boulevard. Soulevé par quelques moments de grâce entre tendresse et mélancolie, mis en image par des plans séquences de belle facture, J’attends quelqu’un ne s’inscrit heureusement pas dans cette mouvance car il possède l’indéniable qualité de sa simplicité.

 

Toutefois on se sent frustré par le traitement quelque peu superficiel de l’histoire. Le thème de l’absence et de la solitude est parfois abandonné au profit de choses plus légères qui permettent, certes, de rendre les personnages plus attachants mais qui font perdre de vue le propos. Les acteurs sont convaincants mais paraissent froids et hermétiques par instants, comme si la mélancolie qui parcourt le film les affectait profondément et les rendait incapables de certaines émotions comme la colère ou la passion.

 

Cette histoire racontée avec nuance  est à ce titre rafraîchissante. Si Jérôme Bonnel ne révolutionne pas le genre, il nous livre là de belles tranches de vies sans porter aucun jugement, laissant ses personnages agir comme s’ils avaient une vie propre. Cela donne un film d’un naturel désarmant qui ne manquera pas de vous séduire si vous êtes sensible à cette branche du cinéma français qui finira par craquer de par le nombre de ses fruits. D’ici là profitez-en bien.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 23/03/2007