Il y a les classiques du cinéma. Et il y a les autres. Ces films que l’on peut s’approprier. Le jeune Gauthier Jurgensen, avec malice, rend hommage à cette nouvelle cinéphilie.
Un jeune homme d’une vingtaine d'années aime beaucoup le cinéma. Il adore aussi la musique et le théâtre. Cependant il sait que le cinéma restera sa passion première.
Le jour où il a découvert sa première grande déception amoureuse, il pensait qu’il avait perdu toute idée de passion. Heureusement le cinéma reste, à sa grande surprise, une bouée de sauvetage.
D’ailleurs le constat de son livre est simple : le cinéma a construit son existence. Un film comme Subway a répondu à sa souffrance amoureuse. Ses plaisirs d’adolescent ont toujours trouvé une résonance dans la fiction.
Le cinéma lui a permis de comprendre sa personnalité mais aussi le monde qui l’entoure. Il a aimé La haine parce que la nuit parisienne est plus crédible qu’ailleurs. C’est la sienne.
Il a compris que le cinéma de Jarmusch pouvait accompagner son questionnement perpétuel. Il est sensible au cinéma britannique, combatif et drôle. Il vénère l’énergie de Trainspotting et de Danny Boyle.
Il avoue un faible pour un film de Joel Schumacher. Gauthier Jurgensen aime les classiques. Ils sont largement cités dans son livre, témoignage amusant d’un cinéphile.
Heureusement ils ne sont pas omniprésents. Les intouchables ne font pas uniquement le bonheur d’un cinéphile. Il faut tous ses petits films pour découvrir la richesse du 7e art et la chaleur intérieur qu’il peut offrir.
Finalement, l’auteur s’interroge sur la solitude du spectateur et le rapport amical qui se noue entre un film et le spectateur. La famille est le pilier de l’éducation (les parents sont très présents dans les courts chapitres) mais le cinéma peut offrir de belles leçons de vie, inoubliables et majeures pour l’existence.
Gauthier Jurgensen parle de son éducation, ordinaire et spectaculaire à la fois. En quarante films, il se raconte. Il avoue sa passion avec un enthousiasme sincère et un recul souvent drôle. La vie sans la musique serait une erreur disait Nietzche… Ca serait pire sans le cinéma, semble lui répondre ce jeune auteur !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 06/04/2009