RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Italian for Beginners

Italian for Beginners

Lone SCHERFIG

Avec Anders Berthelsen, Lars Kaalund et Peter Gantzler - 2001 - Aventi

Et ta critique ?




Il y a dix ans, Lars Von Trier provoquait avec intelligence en inventant une école, le Dogme. Voici un excellent exemple!


Dans une ville grise du Danemark, dont nous ne voyons que des lieux anonymes (salle de cours, lieux de culte, hôtel ou hôpital), quelques personnes sont amenées à suivre des cours d’italien. La plupart de ces personnes souffrent de maux divers : maladresse chronique, timidité, agressivité.

Apprendre une langue étrangère apparaît comme un moyen de conjurer leur solitude. Pour certains, se retrouver ensemble signifie être accepté par un club qui serait fier de vous compter parmi ses membres. Les hommes et les femmes qui apprennent l’italien sont content d’être ensemble.

Il faut dire que leur vie n’est pas riante. Une fille travaillant dans une boulangerie, vit sous l’emprise de son père qui la méprise et l’empêche de sortir de chez elle, un pasteur vient en remplacer un autre dans une paroisse peu fréquentée, sa femme est morte il y a quelques mois. Une coiffeuse veille sur sa mère gravement malade et dépendante.

Le tout est filmé selon les méthodes du Dogme cher à Lars Von Trier (Dogme qui a produit au moins deux grands films : Les idiots du même Von Trier et Festen de Tomas Vintenberg). Les principes sont les suivants : pas d’artifice de mise en scène, ni jeux de lumières, ni musique préenregistrée, etc. Je ne pense pas que les cinéastes du Dogme vouent un culte énorme aux 9 ou 10 règles qu’ils doivent suivre. Je crois qu’il s’agit d’un cadre dans lequel ils s’insèrent et duquel ils s’échappent parfois.

Au début du film, on passe d’un personnage à l’autre. Une fois qu’on en a cerné un, on découvre en quoi il est connecté aux autres. Le film se passe quasiment en intérieur, dans des pièces plus ou moins grandes. On est frappé par le côté âpre des relations. Elles sont difficiles. Les gens se heurtent, se blessent, se traquent. On est frappé également par l’humour qui se dégage des situations. Un humour très différent de ceux auxquels nous sommes habitués, un humour qui nous cueille à froid.

Le scénario habilement tricoté permet aux uns et aux autres de se croiser et de tisser des liens. Il débouche dans la dernière partie du film sur ce qui est, sans doute, le plus surprenant : un conte de Noël, un conte d’hiver.

Lone Scherfig, la réalisatrice, amène une tendresse qui imprègne de plus en plus le film. Le plus important pour les protagonistes, devient de sortir d’eux-mêmes et de trouver le bonheur. Nous ne sommes plus loin alors des meilleures comédies américaines où un homme et une femme s’aiment sans le savoir, par exemple. Mais, dans Italian for beginners, il n’y a ni glamour, ni recherche effrénée de l ‘effet et de la surenchère. Quand enfin, chacun trouve sa moitié d’orange, nous sommes émus, et d’autant plus émus que nous savons tout ce qu’ils viennent de traverser. Que la fin du film se situe à Venise accentue notre plaisir.

Voilà un film intéressant, original et auquel on repense par la suite. Bref, pas du tout du chewing-gum pour les yeux.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 25/11/2011