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Mercredi 23 Mai 2012Musique

 It’s not how far you fall, it’s the way you land

It’s not how far you fall, it’s the way you land

SOULSAVERS

(V2 – 2007)

Et ta critique ?




Vous ne connaissez pas Mark Lanegan? Drôle d’hurluberlu sur la planète rock, sa voix fait chavirer et condamnerait presque Nick Cave au statut de joyeux drille. Venu en aide au collectif anglais Soulsavers, il participe à un grand disque sombre et délicieux.


Mark Lanegan est un pur produit de Seattle. Cela veut dire qu’il est l’un des survivants de la vague grunge qui a tout emporté à commencer par son fer de lance, Kurt Cobain. Avec son groupe, The screaming trees, il fut l’un des pionniers du genre.

Après l’effet de mode, le chanteur s’est consacré à une carrière en solo avant d’exploser avec le succès de Queens of the ston age, groupe au rock surpuissant et captivant. On y remarque sa voix profonde et chaude.

Depuis ses débuts en 1986, Mark Lanegan est devenu un héros triste du rock. Sa voix possède une théâtralité fascinante. On le compare à Nick Cave ou Stuart Staples mais Lanegan aime la musique qui bouscule.

Du rock agressif, il est passé au folk avec un bel album en duo avec Isobel Campbell, de Belle & Sebastian. Lanegan se promène dans tous les genres et le voici désormais fixé en Angleterre pour cet album aussi lumineux qu’abattu.

Il faut être en forme pour écouter cet album du collectif Soulsavers. Il rappelle automatiquement les derniers albums au crépuscule de Johnny Cash. Il y a une résignation, une humanité et une beauté qui transpirent de chaque note.

Bien entendu, l’ambiance est moins country. Mais la voix de Lanegan transcende les styles. Elle s’engouffre dans des compositions assez proches d’Archive, progressives mais jamais redondantes (l’album est assez court). La voix vibre et trouve un écho certain chez l’auditeur.

Les trois reprises de l’album soulignent la force de la voix de Lanegan. Neil Young et les Rolling Stones s’effacent face à cette voix d’outre tombe, fragile et rauque. Plus électrique que n’importe quel instrument, la voix de Lanegan charge en émotion des chansons tristes et palpitantes.

Passionnant d’un bout à l’autre, riche au point de ne pas livrer tous ses secrets à la première écoute, ce disque au titre trop long est décidément trop bon !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 12/06/2007