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Vendredi 10 Septembre 2010Art-scène

 Isadora Duncan, une sculpture vivante

Isadora Duncan, une sculpture vivante

Isadora DUNCAN et Musée BOURDELLE

Jusqu’au 14 mars 2010 Musée Bourdelle - 75015 Paris

Et ta critique ?




 

 

La grande danseuse Isadora Duncan est à l’honneur au musée Bourdelle. Elle avait en effet rencontré le sculpteur Antoine Bourdelle en 1903. Mais c’est en 1909 qu’il découvrit réellement son art.

 

 

Tout le monde connaît la triste fin de la danseuse Isadora Ducan : son écharpe s’est prise dans les roues d’une automobile à Nice et elle est morte étranglée en 1927. On sait aussi qu’elle dansait pieds nus. Mais là s’arrête l’image d’Epinal et c’est tout l’intérêt de cette exposition, qui rend un superbe hommage à cette pionnière de la « danse libre ».


Qui sait que cette femme était issue d’une famille extravagante, d’artistes, musiciens, danseurs, avec une mère à la forte personnalité et un frère féru d’art grec ? Ce dernier, Raymond Duncan, finit d’ailleurs sa vie à Saint-Germain-des-Prés où il devint une figure légendaire, vêtue à l’antique.


C’est l’un des mérites de cette exposition, qui s’articule en cinq volets. Le premier de ces volets conduit à la Belle Époque où Isadora a fait ses débuts en 1901. Elle arrivait des États-Unis, où sa mère avait laissé leur père volage, et toute la famille, après un passage à Londres, s’était installée dans la capitale française.


Toutes les grandes personnalités, les noms qui comptaient, l’ont invitée à leurs soirées, dans leurs salons, à commencer par la célèbre princesse de Polignac. La comtesse Greffulhe, dont tout le monde s’arrachait les faveurs, l’accueillit aussi pour des représentations très courues. La musicienne Marguerite de Saint-Marceaux, qui réunissait le vendredi hommes de lettres et musiciens distingués, la fit aussi danser. Tous les grands noms la virent, de Cléo de Mérode à Debussy, d’Anna de Noailles à Robert de Montesquiou, de Natalie Barney à Gabriel Fauré. Bref, très vite, la danseuse américaine fut recherchée. En rupture avec le ballet classique, elle dansait pieds nus, vêtue d’une tunique échancrée empruntée à l’antique. En général, elle dansait seule, accompagnée d'un piano puis d’un orchestre. Elle fut la première à évoluer sur les musiques de Bach, Gluck, Chopin ou Wagner.


En 1903, Bourdelle la croise à un banquet et elle devient pour lui l’incarnation absolue de la danse. Qu’ils soient à l’encre violette, qu’il s'agisse de crayon, pastel ou gouache, ses dessins viseront à représenter le travail de la danseuse avec le plus de précision possible. Un grand nombre de ces dessins et de ces travaux sont exposés ici, tout comme les tenues de la danseuse, ou des illustrations de l'époque. Une exposition riche et complète.


Marie Léon

© Etat-critique.com - 09/02/2010