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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Iron Man

Iron Man

Jon FAVREAU

Avec Robert Downey Jr, Gyneth Paltrow, Terrence Howard et Jeff Bridges - SND - 30 avril 2008 - 2h05

Et ta critique ?




Voilà venir l’été et son déluge de super héros de tous poils. Si l’ode à la boîte de conserve high-tech qui se présente devant nous ne révolutionne pas le genre, la forme adoptée rend l’expérience très divertissante.


Tony Stark est l’un de ces milliardaires qui font rêver les foules. Le cynisme en bandoulière et un sourire Colgate sur un costume dont le prix permettrait à un village africain de survivre pendant 10 ans, ça a toujours fait rêver les foules.

Mais si cet entrepreneur de charme est craint et respecté, ce n’est pas parce qu’il a fait fortune sur Internet ou avec des sodas. Non, lui, il vend des armes grâce à l’empire bâti par son défunt père. Le seul souci, c’est qu’il en vend tellement qu’il ne sait plus vraiment à qui la marchandise est destinée. La rançon de la gloire, la honte en plus.

Lors d’une tournée promotionnelle en Afghanistan, son convoi est attaqué par des terroristes armés jusqu’au dents… et grâce à lui. Rien de plus efficace que trois mois de torture au pays des talibans pour devenir pacifiste. C’est donc investi d’une mission sacrée (reprendre sa production de mains hostiles), que Stark va devoir retourner sa veste.

Mais comme le pacifisme se développe plus rapidement à grand renfort de pyrotechnie, c’est en se fabriquant une arme de destruction massive (une armure de combat avec tous les équipements militaires en série) qu’il va tenter de rééduquer les barbares. Le philanthropisme a encore de l’avenir, il faut croire.

Si l’hypocrisie d’une certaine Amérique vengeresse, à la fois victime, bourreau et fournisseur officiel des moyens d’éradication reste un prétexte vite éludé au profit de séquences d’action conventionnelles, il a au moins le mérite d’exister.

Mais ce qui est surtout réjouissant, réside dans un ton décalé assez inhabituel par rapport au reste de la production. Ce trait est parfaitement incarné par Robert Downey Jr. qui prend un plaisir non dissimulé à cabotiner constamment face à la caméra. L’humour qui s’en dégage permet au long métrage de s’écarter de la vision normative du héros américain qui finissait par lasser.

Fatalement, les autres acteurs peinent à s’affirmer face à un personnage principal aussi charismatique. Qu’importe, puisqu’ils n’apparaissent que très peu. Cet impression de one man show a de quoi déconcerter, mais le concept est complètement assumé et le résultat paraît tout à fait naturel.

Difficile de prédire le succès de cette superproduction pré-estivale. Non pas, comme les spécialistes du marketing le redoutent, que sa sortie se juxtapose à celle d’un jeu vidéo chronophage et violent sur lequel les adolescents risquent de se jeter, quitte à déserter les sales obscures.

Il s’agit surtout du traitement particulier qui rend le tout un peu auteuriste, toutes proportions gardées. Mais c’est justement cet appel d’air frais qui devrait vous inciter à aller voir un bon gros film commercial décomplexé qui ne se prend pas au sérieux.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 05/05/2008