Avec Morgan Freeman, Matt Damon, Scott Eastwood et Robert Hobbs - 13 janvier 2010 - 2h12
Les commentaires
Thibault
Le 15/02/2010
C'est long, mais qu'est ce que c'est long !
J'espère juste que ce ne sera pas le dernier film de Clint, parce que c'est loin d'être son meilleur !
On connaissait le goût immodéré du vieux cowboy pour la musiquette tire-larmes (il faut bien faire travailler son fils compositeur), on lui découvre ici une véritable passion pour les ralentis ridicules avec le son distordu qui va avec (les joueurs grognent comme des sangliers). Tout cela est assez moche, en plus d’être ennuyeux au possible !
Personnellement, je n’ai rien retiré de ce film. La leçon de vie ne fonctionne pas tant Mandela est représenté de façon caricaturale. Ce n’est plus un homme politique, c’est Jésus réincarné, en plus gentil ! Les acteurs sont au minimum : yeux embués et mines compassionnelles tout le long du film pour une émotion feinte qui n’étreint malheureusement jamais le spectateur (ou tout au moins pas moi !).
Et ta critique ?
Un homme lumineux sur une terre d'amertume. On parle de Clint Eastwood ou Nelson Mandela?
Fin de l'Apartheid, l'Afrique du Sud a des plaies à panser et la présidence de Nelson Mandela annonce une vague idée de remède. Le traitement semble douloureux, or le malicieux militant fait preuve d'une grande intelligence pour réconcilier les noirs et les blancs de sa nation...
A Clint Eastwood de raconter sa naissance de la nation, grand sujet américain! Il le fait avec son talent habituel: un classicisme tout en ironie et une classe qui fait de lui l'éternel dernier géant d'Hollywood.
Il suit donc la tactique politique d'un humaniste pour que les hommes de son pays se rassemblent et surtout se réconcilient. Le rugby, sport de voyous joués par des gentlemen, devient la source du grand pardon. Il n'y a qu'un pas pour que Mandela devienne une sorte de Jésus noir mais Eastwood ne franchit jamais la ligne.
Bien entendu il y a des scènes tire-jus comme la promenade du capitaine des Springboks dans l'ancienne prison de Mandela. La musique sonne un peu trop vite les trompettes patriotiques. Heureusement l'élégance reste de mise.
Eastwood utilise parfaitement les deux stars du film. Freeman imite parfaitement Mandela et Damon est crédible en blanc troublé par la foi de son président noir.
Une fois de plus, un vieil homme usé transmet ses quelques règles essentiels et humaines. Une fois de plus, Eastwood s'interroge sur le temps qui passe et l'idée de passation.
C'est assez sensible et finalement, Eastwood raconte une histoire qui n'est pas du tout spectaculaire malgré les matchs de rugby glorieux et légendaires (en bon supporter français, on regrette que la demi finale contre la France soit devenue une anecdote).
Ce qui l'intéresse c'est cette réconciliation courageuse et en apparence insurmontable. Ce qui le fascine c'est la relation entre un président solitaire et un capitaine valeureux. Ils partagent une idée folle: l'humanisme. En bon sage, Eastwood nous adresse encore un conte tendre et subtile. Cela mérite une belle troisième mi temps!