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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Inglorious Basterds

Inglorious Basterds

Quentin TARANTINO

Avec Brad Pitt, Christopher Waltz, Melanie Laurent et Michael Fassbender - Universal - 19 aout 2009 - 2h20

Et ta critique ?




Les pisse froids vont s’enrhumer de colère : Tarantino s’en prend à la Seconde Guerre Mondiale et provoque un grand détournement. Une série B pétaradante !


Les nazis, les juifs, la résistance, la guerre, que de sujets sérieux souvent mis en scène avec rigueur et respect au cinéma. On ne rigole pas devant l’Histoire et l’une de ses plus grandes tragédies.

La position de Quentin Tarantino a donc tout pour surprendre. La guerre contre le nazisme et sa barbarie sera une bonne excuse à un joyeux délire ultra référentiel et complètement débridé.

Généreux comme jamais, Tarantino fait tout pour fuir les conventions de la classique reconstitution. Un officier nazi, connu pour être le chasseur de juif  affronte les soldats juifs américains du lieutenant Raine, gros plouc du Tennessee, amateurs de la manière forte pour exterminer les soldats allemands. Au milieu des deux ennemis, une jeune juive organise une projection de cinéma pour réunir et piéger les membres du gouvernement nazi. Hitler voudrait s’inviter à la fête.

C’est donc un foutoir impressionnant et qui ne respecte pas les dates ni les faits historiques. A ce niveau, la fin du film est un sacré pied de nez à la rigueur qu’oblige la Seconde Guerre Mondiale.

On ne vous dira rien sur le climax du film cependant il est obligatoire de saluer l’écriture délirante de Tarantino. Toujours accroché à sa culture underground et tout un pan du cinéma bis, le réalisateur de Pulp Fiction s’amuse dans chacune de ses longues scènes.

La scène d’ouverture est un hommage à Sergio Leone. Tout en tension et en plans joliment maîtrisés. La suite convoque les séries B italiennes, le western et tout un tas de tics très vintage.

Tarantino tente des collages détonants : rares sont les reconstitutions de la Seconde Guerre Mondiale où l’on entend du David Bowie. Inglorious Basterds est un patchwork déconcertant puis jubilatoire. Le manque de sérieux est largement comblé par une roublardise passionnée.

Certaines scènes sont d’une longueur insolente mais révèlent l’amour du cinéaste pour les comédiens et les dialogues ciselés. Le film souffre peut être d’un manque de rythme mais le découpage offre pas mal de moments irrésistibles, car Tarantino ose des ruptures de ton en permanence.

Sa désinvolture n’est qu’apparente. Bavard, son film est une excellente réflexion sur le langage (à voir exclusivement en version originale) et l’art. Violent, le film trouve aussi de troublants moments de calme. Drôle, le film permet à des comédiens de transcender les figures imposées. Inglorious ne ressemble à rien de connu sauf à du Tarantino.

Ce dernier n’est peut être pas au meilleur de sa forme mais son enthousiasme est communicatif et sa vision de l’Histoire restera. Approximative dans le fond, éblouissante dans la forme.



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 20/08/2009