La société moderne est impitoyable ? Ça tombe bien, Bénureau campe à merveille les horribles personnages !
Du trader cynique « On avait perdu beaucoup d’argent mais ça va mieux, vous nous avez remboursé ! » au vendeur de médicaments (qui soignent les maladies mais qui en déclenchent d’autres), Bénureau fustige avec brio une société qui est encore plus acide et cynique que lui.
« Polluer, mentir, vendre et niquer…tout en étant gentils » est la nouvelle devise qu’il propose aux pays occidentaux d’adopter.
Comme un gamin espiègle, Bénureau prend un plaisir visible à incarner des personnages loufoques et vils et à parsemer ses textes de gros mots. Il ne résiste pas non plus au plaisir de chanter. Rassurez-vous, Didier Bénureau n’est pas Elie Seimoun, il ne se prend pas pour un crooner (même s’il chante fort juste, l’animal !) mais donne plutôt dans le registre de la chansonnette acerbe.
Bénureau balance entre la grossièreté assumée, qui en choquera certains, et la délicatesse dévoyée, comme dans la scène du boucher qui supplie qu’on lui parle de Wim Wenders ou Pina Bausch plutôt que de la météo !
Sa galerie de personnages est épatante et Bénureau est un habile témoin de notre temps et de nos manies. Il vise juste même si l’on peut parier que beaucoup n’oseront pas se reconnaître dans son sketch sur la différence entre les hommes de droite et ceux de gauche.
« L’homme de gauche est tolérant. En tout cas il en est persuadé. Il eut rire de tout… à l’exception des homosexuels, des handicapés…etc. … etc. … »
www.didierbenureau.com/
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Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 11/10/2011