Comédie maline au scénario plutôt bien ficelé, Incognito résiste bien à la piètre prestation de Bénabar et à l’omniprésence de Franck Dubosc...
Comment dire... Je n’aime pas les chansons de Bénabar, Franck Dubosc triomphe avec un humour (?) qui m’échappe totalement, j’ai à peine entendu parler de Jocelyn Quivrin et Eric Lavaine signe son premier film ou presque ! Autant dire que s’il était un spectateur improbable pour Incognito, c’était bien moi. Sauf que le hasard se mêle quelquefois de brouiller les pistes et de vous amener là où vous ne pensiez pas forcément aller...
Un peu comme pour Lucas (Bénabar), star malgré lui : chanteur amateur, contrôleur à la RATP, il tombe par hasard sur le carnet de chansons d’un copain qu’il croyait disparu. Maquette, major, contrat, enregistrement, succès fulgurant ! Mais quand le copain réapparaît, plutôt que de tout avouer, Lucas demande à Francis (Franck Dubosc dans le rôle d’un comédien raté) de prendre sa place et de faire croire que la réussite matérielle ostentatoire dans laquelle il vit est la sienne
Comment dire encore... Bénabar est encore moins intéressant en comédien qu’en chanteur (je sais, ça semble difficile à imaginer), Franck Dubosc fait du Dubosc caricaturant Dubosc et Eric Lavaine filme tout ça comme si le champ-contrechamp était le summum de la fantaisie cinématographique !
Et pourtant on rit souvent dans Incognito. D’un rire potache et bon enfant nourrit de situations convenues, certes, mais de dialogues souvent réussis, de bons mots et de répliques efficaces. Et pour le coup on serait presque tenté de rendre à Bénabar ce qui lui appartient puisque le chanteur est aussi scénariste et dialoguiste (comme il l’avait dans une autre vie sur la série H où il avait rencontré Eric Lavaine, justement).
On ne recherchera donc pas l’anonymat pour se faufiler dans la queue d’une séance d’Incognito, gentille et maline petite comédie de printemps qui se laisse voir sans trop de mauvaise conscience.
Joël Fompérie
© Etat-critique.com - 04/05/2009