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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 In the mood for love

In the mood for love

Wong KAR WAI

Avec Tony Leung, Maggie Cheung, Lai Chen et Rebecca Pan - TF1 video - sortie le 8 novembre 2000 - 1h38

Et ta critique ?




Nanars, chefs d'oeuvre, séries B, curiosités... Etat Critique vous offre une rétro de la décennie écoulée tout en dvd. Aujourd'hui, souvenons nous d'une belle et breve rencontre.


On avait laissé Wong Kar Wai en Argentine. Il se laissait aller au tango en compagnie de deux magnifiques homosexuels, Tony Leung et Leslie Cheung. Le cinéaste abandonnait les limites du films du genre et se consacrer à sa passion : l’image et l’émotion dans Happy Together.

On aurait bien offert les années 2000 au HongKongais. Mais l’homme est têtu. En tout et pour tout, il nous offrira que trois films. 2046 et My Blueberry Nights vont déconcerter. Pas étonnant lorsque l’on se souvient d’In the Mood for Love.

Adieu tango ! Wong Kar Wai se lance pour l’an 2000 dans une valse. Une danse amoureuse et mélancolique. Avec Happy Together, il radicalisait son art et ses effets de style.

Pour son nouveau film, il a pris son temps (on ne savait qu’il freinerait violemment son rythme de production), histoire de trouver l’humeur. Car c’est cette humeur qui donne du sens à son patchwork visuel.

C’est cette humeur qui transcendait les codes du cinéma policier dans Chungking express et Les anges déchus. Wong Kar Wai cherche l’amour dans tous ses scénarios. Mais aussi dans ses images.

En annonçant la couleur dans le titre français, Wong Kar Wai justifie une histoire quasi absente. Il ne travaillera que l’ambiance. In the mood for love cherche le bon rythme, le bon ton, la bonne image pour décrire le désir amoureux.

Pour info, le cinéaste voulait tourner trois histoires sur la nourriture et le sentiment amoureux. Finalement ce sera celle de Monsieur Chow et Madame Chan qui va le passionner.

Ces deux êtres solitaires, abandonnés par leurs conjoints, emménagent le même jour dans un immeuble sombre. A force de se frôler dans les couloirs, dans les rues, ils finissent par comprendre qu’ils partagent la même souffrance. Peuvent ils partager plus ?

Loin des clichés romanesques et américains, le cinéaste créait une délicieuse musique de chambre. C’est un long poème visuel qui déambule dans les relations complexes, nocturnes et fragiles de deux exilés du cœur. Il y a des films qu’il ne faut pas expliquer. In the mood for love se ressent et se digère. Avec le temps, on a su se faire une place entre Madame Chan et Monsieur Chow.

Depuis les médias ont usé du style de Wong Kar Wai. Il a répondu aux sirènes de la mode. Le rêveur est devenu tendance. Cela a gêné la suite de la carrière du cinéaste mais on n'oubliera pas ce cadeau que nous a fait ce formaliste, son hommage aux années 60. On l’aimera longtemps son film.



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 09/03/2009