Le musicien français agrandit son univers à de nouvelles musiques urbaines. Son disque profite de la diversité et pratique un élégant mélange de genres.
Les premières secondes d’ "In the mood for life" laissent deviner une fenêtre qui s’ouvre. Une vitre se baisse et on pourrait imaginer que Wax Tailor, alias Jean Christophe Le Saoût, tend le micro en dehors d’un taxi new-yorkais.
Le premier titre prouve à nouveau qu’il sait faire le hit parfait en matière de trip hop puis B-Boy on Wax amène un rap élégant et généreux. Wax Tailor n’est pas un type enfermé dans ses beats. Il invite les musiques à nourrir son inspiration.
Ce troisième album est très urbain et entraînant. Clairement, le DJ cherche un auditoire plus large et veut s’exporter de l’autre coté des Etats Unis. Le disque enchaîne donc sur de la soul (dont le oldies et amusant Leave It), de l’electro, des ambiances jazzy. On entend des rappeurs, de douces voix féminines et on appréciera même la voix du bankable Charlie Winston.
Entre chaque titre, il bidouille des sons inspirés par la rue. Wax Tailor, avec un professionnalisme évident, s’adresse à tous les publics et c’est un peu le soupçon qui plane sur ce disque. Parfaitement exécuté, on devine moins l’artiste des deux premiers albums.
Avant lui, Dan The Automator (producteur de Gorillaz) et son groupe Handsome boy modeling school, avaient mixé toutes les musiques populaires avec un vrai goût pour le vintage. Le disque ne prend pas beaucoup de risques.
Mais il ne faut pas bouder son plaisir : la plupart des morceaux sont réussis. On est dans l’air du temps et "In the mood for life" est une bande son idéal pour terminer la décennie.
Ensuite il faudra passer à autre chose !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 20/11/2009