Avec George Clooney, Vera Farmiga, Jason Bateman, Melanie Kingsley - Paramount - 27 janvier 2010 - 1h50
Et ta critique ?
Après le vendeur de cigarettes, l'adolescente enceinte, Jason Reitman réhabilite une figure malfaisante de l'Amérique d'aujourd'hui: le liquidateur. On s'envoie en l'air avec George!
Ryan Bingham a de la chance. Il a la gueule et le charme de George Clooney. Il porte avec élégance un costard sombre, jamais froissé alors que Ryan Bingham passe plus de 300 jours par an assis dans l'avion.
Il sillonne l'Amérique pour virer des gens. Il a de la chance: il est toujours du bon coté du plan social. Quand le patron n'ose pas le dire, il envoie Ryan Bingham, avec son regard compassionnel et ses formules qui donnent de l'espoir au tout récent licencié...
L'homme a de la classe mais surtout il a un regard désabusé. Mais les choses vont changer à cause de deux femmes: une business woman sexy et une stagiaire zélée.
A la fin de son périple à travers les Etats Unis, Ryan Bingham et le spectateur comprendront que le sens de la vie à avoir avec le partage, la famille et peut être, si on a de la chance, avec l'amour.
Jason Reitman, responsable des pétillants Thank you for smoking et Juno, taquine encore ses contemporains. Il rend attachant un sale type et démonte les aberrations de la société.
Il enfonce bien souvent des portes ouvertes mais le cinéaste le fait avec un certain panache. On se doutait bien que George Clooney ferait son numéro de charme habituel. Reitman l'entoure de femmes finalement beaucoup plus troublantes, drôles et séduisantes.
De la grande question sur l'existence aux visions sévères de l'entreprise, Reitman en fait peut être un peu trop mais il ne perd jamais de vue l'humour et la critique polie d'un système schizophrène.
Bien entendu il déplore la solitude de l'homme aujourd'hui. Mais il dénonce aussi le cynisme avec précision, qui cache des angoisses plus profonds. Finalement, comme dans tous ses films, Jason Reitman hurle: et la tendresse, bordel?